BlacKkKlansman de Spike Lee : black lives matter

Comme il est bon de revenir en salle obscure, qui plus est avec un film de Spike Lee ! Après avoir vu la bande-annonce de BlacKkKlansman – j’ai infiltré le Klu Klux Klan, je savais que j’irai le voir très rapidement et bien m’en a pris !

Black lives matter !

BlacKkKlansman : une histoire vraie portée à l’écran

Le synopsis pour commencer : « En 1978, Ron Stallworth est le premier policier afro-américain de Colorado Springs. Il s’infiltre dans la branche locale du Ku Klux Klan et, pendant des mois, se fait passer pour un suprémaciste blanc en participant aux échanges du KKK par téléphone ou par courrier pour ne pas être démasqué. Pour éviter d’être découvert, son collègue blanc, mais juif, Flip Zimmerman prend sa place aux événements par ce groupe raciste et antisémite lorsque sa présence et nécessaire. Infiltré, Stallworth réussit à saboter bon nombre de rassemblements et de manifestations du Ku Klux Klan. »

Quand la réalité devient le meilleur des scénarios

Aussi fou que cela puisse paraître, Ron Stallworth existe réellement, tout comme son infiltration durant sept mois au sein d’un groupuscule extrême et raciste. Cet aspect « réalité » illustre parfaitement le propos, comme s’il était besoin de prouver que le racisme anti noir, anti juif, anti humain était monnaie courante aux Etats-Unis, lors de l’apogée du KKK. Je parle au passé, mais bon…

BlacKkKlansman : un casting de choix

Premier rôle qui bouffe tout cru l’écran : John David Washington, fils de Denzel Washington, mais sincèrement, sa filiation ne définit pas son talent. Le gars irradie l’écran et prend à bras le corps ce personnage de fiction/réalité. Il s’approprie l’histoire, le contexte, sans surjouer. Vraiment un très bon choix.

Dans la rubrique seconds rôles (mais qui sont tout aussi importants que le premier), je demande Laura Harrier – qui joue parfaitement et justement Patrice Dumas, une présidente des étudiants noirs véritable passionaria de la cause sans en faire trop – et Adam Driver, alias Flip Zimmerman, le double « blanc » de Ron Stallworth, dont le personnage est inspiré du vrai collègue resté anonyme.

Je ne suis, à la base, pas vraiment fan du jeu d’Adam Driver dont la performance la plus récente en Kylo Ren dans Star Wars me fait plutôt mourir de rire qu’autre chose. Mais là, il se passe clairement autre chose. Son jeu est à la fois puissant et tout en sobriété, sans oublier ce brin de charme qui lie l’ensemble. Rien à redire.

Tout le reste du casting est à l’avenant, sans aucune fausse note, avec un acteur/une actrice qui aurait vu de la lumière et qui serait entré(e). Mention spéciale à la courte apparition de Harry Belafonte dont le récit du lynchage de Jesse Washington survenu en 1916 glace le sang.

Alors, on y va ?

Bon, on ne va pas se mentir, BlacKkKlansman dure un bon quart d’heure, voire 20 minutes de trop, comme la plupart des films ces derniers temps. C’est une épidémie. Côté montage, on peut se demander s’il n’a pas été fait légèrement au hachoir et quelques transitions s’avèrent un chouïa brutales de temps en temps.

Sinon, dans le positif, l’atmosphère de la fin des années 70 est très bien retranscrite, on s’y croirait ! La bande originale est juste parfaite comme il faut. Quant à la décision de Spike Lee d’ajouter des séquences de la tragédie bien réelle de Charlottesville en 2017, elle s’avère essentielle et je pense que le film aurait eu un goût d’inachevé sans cette fin qui laisse sans voix, sans souffle, au sens propre. Il fallait être dans la salle quand les lumières se sont rallumées et que le silence glacé, gêné, triste a fait place aux applaudissements.

Avec BlacKkKlansman, on rit (il y a quelques belle scènes dont l’humour est parfaitement palpable, comme une vraie respiration), on reste figé dans son siège en pensant que tout ceci est vrai et on a envie de distribuer quelques paires de gifles. Bref, une vraie réussite !

Écrit par
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4 Commentaires

  • Hello Florence 🙂
    Je peux dire que ton article m’a finalement convaincue d’aller voir ce film.
    Je me souviens avoir aperçu l’affiche de ce film en allant au Centre Pompidou à Paris ; l’humour y était palpable (avec un tel synopsis difficile de penser à autre chose de prime abord).
    Mais là ton article vient de me sensibiliser sur la partie « réalité » de ce film.
    Du coup, c’est décidé j’irai le voir !
    Merci !

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