12 Hommes en Colère au Théâtre Hébertot

Devant l’offre pléthorique culturelle à Paris, il est parfois difficile de trouver LA perle rare, le film, la performance ou la pièce de théâtre qui sortira du lot. Aujourd’hui, je vous propose donc de vous arrêter devant 12 Hommes en Colère qui se joue actuellement au Théâtre Hébertot.

12 Hommes en colère : un drame judiciaire terriblement d’actualité

Revenons aux fondamentaux. La pièce 12 Hommes en Colère est issue du chef d’oeuvre « Twelve angry men » écrit en 1953, lui-même adapté en 1957 au cinéma avec Henry Fonda. Autant vous dire que le livre a fait des petits. Pour ma part, j’avais déjà vu le film, intense, profond, terriblement bien joué et intemporel, et pour une fois, j’ai laissé mes souvenirs au placard pour pouvoir pleinement m’imprégner de la pièce.

Le thème pour commencer :

Etats-Unis. 12 hommes, au cours de la délibération d’un procès, ont la responsabilité de juger un jeune homme accusé de parricide. Si pour 11 d’entre eux sa culpabilité est évidente, un juré va émettre des doutes. Or il faut l’unanimité pour prononcer un verdict. Une vie est entre leurs mains. C’est l’acquittement ou la chaise électrique.

Un « casting » aux petits oignons

Au moment de l’achat des billets, je ne m’étais renseignée ni sur les acteurs présents, ni sur la mise en scène. Hop, un saut dans le vide et franchement, la surprise fut excellente. Par les acteurs tout d’abord, avec le plaisir non dissimulé de retrouver l’excellent (et sous-employé je trouve) Bruno Wolkowitch dans ce qu’on pourrait appeler le rôle principal, même si cette pièce chorale laisse la place à tous.

D’abord un peu « en mode diesel », son jeu a pris de l’ampleur, tout comme sa voix qui portait moins au début que celles de ses collègues. Le texte et le sujets aidants, il a pleinement embrassé son rôle et s’en est sorti comme un chef, tout en ne prenant pas toute la lumière sur lui et ça, j’ai vraiment apprécié.

Les 12 acteurs sont formidables et chacun joue sa partition avec brio, avec ce je-ne-sais-quoi qui a lié les ingrédients de manière à réaliser la recette parfaite pour une pièce au thème dramatique et tellement d’aujourd’hui. Parce que oui, les erreurs judiciaires ou du moins la question du doute bénéficiant à l’accusé seront toujours dans les esprits, sans oublier les a priori sur un individu, les errements du passé, l’impact de l’enfance et de son environnement immédiat sur cet individu. Tout ceci est d’une modernité absolue.

Une mise en scène épurée

Pour être épurée, elle est épurée. Une scène, une pièce, une salle. Rien d’autre. Et c’est amplement suffisant, car le texte dit tout, le reste ne serait que superflu. Pendant 1h20, douze hommes ont la vie d’un être humain entre leurs mains et la tension est plus que palpable.

Autant en voyant le film, on sent la colère, la rancoeur et la « lutte des classes », autant la pièce offre de façon parcimonieuse quelques saillies qui, ce soir-là, ont fait rire la salle. Comme au cinéma, quand « trop c’est trop » et que l’on pouffe de rire devant l’absurde ou l’atroce, le public (et moi-même la première) avons réagi en riant parfois. Besoin d’air et c’était bon. Je pense que chaque salle réagit à sa manière et que peut-être, quand vous irez voir cette pièce, pas une mouche ne volera.

Alors, on y va ?

Evidemment ! Jouée à 19h du mardi au dimanche jusqu’au 30 décembre, cette pièce est une belle introduction à une soirée qui sera forcément réussie. Le Théâtre Hébertot est un très bel écrin, même si, comme toute salle « âgée » qui se respecte, il ne fait pas bon être grand ou gros pour être à l’aise.

Côté tarifs : 1ère cat. à 42€, 2ème cat. à 32€ et 3ème cat. à 22€. Comme j’ai pris les places très en amont, j’ai pu être en 1ère catégorie pour 22€ la place, petite chanceuse que je suis. Honnêtement, essayez au moins d’être en 2ème cat. pour pouvoir apprécier au mieux le jeu des acteurs.

Je vous laisse avec la (assez mauvaise) bande-annonce, en espérant que ma petite bafouille aura su piquer votre curiosité :

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