Mme Pietragalla, je vous ai rencontré par hasard…

Chère Marie-Claude. On se dit « tu » ? Oh et puis non, ce serait faire injure à tout ce que vous représentez. Je ne vais pas vous parler de votre parcours, vous ne connaissez mieux que moi. Et puis je ne suis pas danseuse, alors qui serais-je pour parler de vous comme si je vous connaissais ?

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Chère Marie-Claude, je suis allée voir votre spectacle « Je t’ai rencontré par hasard » que vous proposez aux Folies Bergère avec votre compagnon (et plus encore) Julien Derouault. J’en suis ressortie… mi-figue, mi-raisin. Mi amusée, mi-effrayée. Mais totalement bluffée par vos performances artistique et physique.

Je ne suis pas danseuse donc. Je n’ai pas l’ombre d’un début de grâce. De souplesse non plus. Je suis raide comme un piquet et pour tout vous avouer, ma santé, et par ricochet mon poids XXL, font que jamais ô grand jamais, je n’aurais pu exercer votre métier si je l’avais souhaité. Mais un jour de folie, j’ai tenté un cours d’X-Tend Barre et j’ai effleuré de très loin ce que peut être votre quotidien. Depuis, j’ai un respect infini pour les danseurs. On ne s’imagine pas une seconde ce que peut être le travail du corps dans cette discipline.

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Je dois vous avouer encore une chose. Je ne vous connaissais que de « renommée ». Et puis DALS, évidemment. Vous irradiez le jury avec votre prestance. Mais là n’est pas le sujet. Si je n’avais pas été invitée, jamais je n’aurais poussé les portes du théâtre pour m’asseoir au 2nd balcon, far far away tout en haut, pour vous admirez vous et Julien D. C’eût été une erreur.

Et là, le choc.

Après une première partie de 30 minutes réalisée par un pianiste plus que doué, pouf, 20 minutes d’entracte. Soit. Déstabilisant, déroutant. Mais soit. Et puis… « La Solitude ». J’en suis restée clouée sur mon siège d’étonnement. Étrange et oserais-je dire, perché ? Très bien, il va falloir me faire violence pour ne pas fuir et surtout, ne pas rire.

En gastronomie, il faut avoir le palais formé. Et bien en danse, c’est pareil je pense. Il faut avoir un minimum de « culture » pour apprécier la performance. Je suis tombée dedans sans préavis, et j’aurais dû au moins prendre un parachute pour l’atterrissage.

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Et vous enchaînez, avec toujours autant de grâce, de finesse, de poésie. J’ai essayé d’accrocher à tout, je n’ai pas tout compris loin de là, eu ma propre lecture de certains passages et me suis jurée de vous parler de l’Homme Crevette dans sa couette. Pourquoi ? Comment ? Et cette couette, on en parle ? Marie-Claude, éclairez-moi, parce que cet Homme Crevette dans sa couette restera gravé dans ma mémoire. Pourquoi « crevette » ? Parce que vu du 2nd balcon, far far away, que la traîne laissée par la couette forme une sorte de queue… de crevette. CQFD.

J’ai une autre question, essentielle : comment, pourquoi un jour décide-t-on qu’à tel ou tel moment, vous lèverez vos bras de telle ou telle façon ? Comment en vient-on à créer, à chorégraphier ? Tout au long de votre performance, je me suis demandée pourquoi. Pourquoi « La Solitude » ? Pourquoi ces mouvements désordonnés ? Pourquoi les poèmes déclamés ? Pourquoi ces cris, ces soupirs poussés par Julien qui, en toute honnêteté, désarçonnent parfois ?

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Et puis une bouffée d’oxygène, de rires et de légèreté avec votre duo d’un couple, sa table, son bonhomme qui attend que bobonne fasse la bouffe et passe l’aspi. Merci pour ça. Vraiment. Parce qu’enfin, j’ai pu prendre le temps de réellement tout apprécier, sans me demander le pourquoi du comment, sans me dire que je n’étais votre cible.

Je suis reconnaissante d’avoir pu vous rencontrer, de très loin. Je suis reconnaissante d’avoir pu ouvrir mes horizons et apprécier votre œuvre, votre travail, vos corps, vos chorégraphies, vos performances. Je pense que, quelque part, vous aimeriez bien « démocratiser » la danse. C’est encore un rêve utopique pour être honnête. Votre spectacle n’est pas accessible à tous, mais si l’on se donne la peine de vous voir, de vraiment vous regarder, mieux, de vous observer, on peut toucher un peu du doigt votre univers que vous aimez tant.

Marie-Claude, merci.

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