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Dans le poste / Humeurs

La vie sans eux : comment faire le deuil de son animal de compagnie ?

Perdre son animal de compagnie, le compagnon d’une vie, est, aujourd’hui encore, une épreuve qui reste assez taboue dans notre société. Que ce soit auprès de nos proches ou dans la sphère professionnelle, il reste souvent difficile de faire son deuil, de partager son chagrin. Et pourtant, le deuil animalier est tout sauf anecdotique. La journaliste Anaïs Berno a écrit, pour le quotidien Ouest-France, un remarquable documentaire sur cette question si difficile de la gestion du deuil de nos animaux de compagnie.

Faire le deuil de son animal : un tabou persistant

Ce n’est qu’un chat/chien/lapin“, “Tu ne vas pas en faire toute une histoire“, “Reprends un animal et passe à autre chose“… Ces sentences totalement dépourvues d’empathie sont très souvent entendues par les propriétaires d’animaux de compagnie en deuil. À croire que perdre celui ou celle qui vous accompagné tout au long de sa vie n’est qu’un détail de votre histoire. Le tabou du deuil animal s’ajoute à la douleur ressentie qui peut être infinie.

Dans son documentaire, Anaïs Berno recueille avec beaucoup de justesse les témoignages de maîtres qui ont perdu une moitié de leur coeur. Lucile, Prescilla et Stéphane, Michèle et son petit-fils Anthony, mais aussi Bernard Montiel… Tous ont accepté de parler de leur souffrance sans jamais être larmoyants. L’émotion est là, palpable, mais nous ne sommes pas dans un documentaire destiné à faire pleurer dans les chaumières.

Au contraire, grâce à l’expertise de Marie Cibot, vétérinaire et fondatrice de Solâme, la question de la fin de vie et de la gestion de “l’après”, du deuil, est traitée avec retenue et pertinence, soulevant de vraies questions quant à la prise en charge morale et mentale de ce type d’épreuves.

Le deuil animalier : un accompagnement à développer d’urgence

Selon un sondage Esthima de 2024, 60% des personnes interrogées ne se sont pas senties soutenues par leur employeur lors d’une période de deuil animalier. C’est énorme. Et si la question d’un congé exceptionnel en entreprise prête encore aujourd’hui à sourire, elle est pourtant essentielle. Car qu’on le veuille ou non, la perte d’un animal de compagnie peut être un vrai choc psychologique, au point de ne plus vouloir sortir de chez soi, comme l’explique Michèle dans le documentaire. Et peu importe l’âge, les jeunes aussi sont touchés.

C’est en partant de ce constat que des professionnels, comme la vétérinaire Marie Cibot (spécialisée dans l’accompagnement de fin de vie des animaux de compagnie) ou Esthima, développent des services de conseils pour entourer le défunt et se charger de l’après. Les services funéraires se développent de plus en plus, tout comme les soins aux animaux en fin de vie, l’euthanasie à domicile et l’aide psychologique en cas de besoin. Certains pourraient parler de business florissants, d’autres (surtout les plus concernés) choisiront de penser qu’enfin, ce sujet mérite une réelle attention.

Mes deuils, mes plaies ouvertes

J’ai perdu pas mal d’animaux dans ma (relative) courte vie. Trois chiens et quatre chats. La première, qui restera à vie ma préférée et aussi mon plus grand chagrin, est Bleiz, une chienne berger allemand qui a rejoint ma famille quand j’avais 5 ans. Elle est décédée un peu moins de dix ans plus tard, d’un vilain cancer des mamelles (faites stériliser vos chiennes/chattes !). À l’époque, la douleur animale n’était pas encore vraiment prise en compte et je l’ai regardé dépérir sans pouvoir faire quoi que ce soit de ma place d’enfant.

Puis ont suivi Juni, décédée d’un cancer au cerveau et Romane. Je ne sais pas de quoi elle est décédée, ma mère ayant été obligée de l’abandonner au moment du divorce de mes parents, mon père ayant choisi de ne pas s’en occuper alors qu’il avait un jardin dans sa nouvelle vie, quand nous, nous passions d’une maison avec 500 m2 de jardin à un appartement de 42m2 en ville. La trahison paternelle a toujours, aujourd’hui, un goût particulièrement amer en bouche, surtout quand des années plus tard, cet individu nous envoie un message en nous disant “On a adopté un chien”.

C’est à ce moment-là que se sont succédé mes chats, Hermès, le 1er qui nous a appris beaucoup de choses sur les félins, décédé d’un cancer, puis Mantille, décédée d’une embolie pulmonaire foudroyante (j’entends encore ses cris de douleurs quand ma mère m’a appelée en panique), Whisper, décédée d’une PIF foudroyante et Colette, décédée d’un cancer du cerveau. Tous des chats recueillis, tous de petites merveilles, de vraies bêtes à bonheur, mais aussi à grand chagrin. Les larmes coulent en écrivant ces lignes.

J’ai un vrai regret : si je bombarde Sansa, ma chatte actuelle, de photos, je n’en ai pas fait de même avec mes précédents chats (et que dire de mes chiennes, le numérique n’existait pas encore et je n’avais pas forcément d’appareil photo sous la main à l’époque). Si mes souvenirs s’effacent au gré des années qui passent, le bonheur de les avoir connus reste bien ancré. Et la douleur de les avoir perdus aussi, et avec eux un petit bout de mon coeur.

J’aurais bien aimé pouvoir assumer librement ma tristesse et mes larmes, mais non, il fallait avancer.

Souvenons-nous d’une chose : un animal de compagnie nous aimera inconditionnement, quoi que l’on fasse, peu importe notre poids, notre style, notre fortune. Il sera une bien jolie comète dans notre existence, mais nous serons son seul phare dans la nuit, jusqu’à la fin. L’amour d’un animal ne s’arrête pas à sa mort, honorons-là de la plus belle des manières.

Le documentaire “La vie sans eux” est écrit par Anaïs Berno, réalisé par Zacharie Pain et est disponible sur ouest-france.fr et bientôt sur la chaîne Youtube du quotidien.

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Bulles de Flo, c'est le résultat de mes coups de cœur lifestyle du moment : culture (livres, cinéma, etc.), décoration, balades... Bienvenue chez moi !

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