Théâtre : Inconnu à cette adresse

Terminons la trilogie « Culture » de ces derniers jours entamée avec Rock the Cabash et Bérengère Krief avec « Inconnu à cette adresse« , une pièce de théâtre bouleversante un peu OVNI sur les bords dont les acteurs changent chaque mois.
Cette pièce « prend la forme d’une correspondance épistolaire fictive étalée du 12
novembre 1932 au 3 mars 1934 entre deux très bons amis, Martin Schulse,
49 ans, allemand marié et père de trois garçons, et Max Eisenstein, 50
ans, célibataire d’origine juive, associés de longue date dans une
affaire prospère de commerce de tableaux à San Francisco, la Galerie Schulse-Eisenstein. En 1933, Martin retourne vivre à Munich et échange avec son ami et associé.
« 
J’ai donc assisté, grâce au Club Artistik Rezo, au démarrage de la 2ème saison avec Patrick Timsit en Max Eisenstein et Tchéky Karyo en Martin Schulse.
La pièce :
Issue du livre de l’américaine Kathrine Kressmann Taylor paru en 1983, cette adaptation théâtrale a connu un vrai beau succès pour sa première saison. Succès fort mérité d’ailleurs. L’histoire prend aux tripes. On voit très nettement l’évolution des personnages et je me suis surprise à retenir parfois mon souffle ou à réagir assez « instinctivement ».
La mise en scène joue son rôle à merveille. La lumière est parfaite.
Petit bémol pour les costumes. Elisabeth Tavernier s’est un peu (beaucoup) loupé sur celui de Tchéky Karyo, avec un pantalon trop grand et un ensemble qui lui ont donné l’air d’un vieux papy. Tchéky Karyo quoi. Bref.
Les acteurs :
– Patrick Timsit, qui reprend ici son rôle pour la seconde fois, est parfait. On y croit dès la première phrase. Son émotion, ses larmes (vraies, j’en ai été étonné d’ailleurs), son style, tout y est. Rien à ajouter.
– Tchéky Karyo : la déception. Savonnant sur son texte comme jamais, une voix mal placée, un accent des plus étranges… il m’a vraiment dérangé et un peu gâché le plaisir. A entendre les réactions du public en sortant, je n’étais pas la seule à penser ça, loin de là. J’ai même entendu une jeune femme dire qu’il y avait deux niveaux bien distincts de jeu, c’est dire. Quel dommage ! J’espère vraiment qu’il n’était pas bien ce soir là, ce qui peut arriver à tout le monde, et qu’il reprendra du poil de la bête pour les prochaines soirées.
La salle :
Les sièges de cette salle du théâtre Antoine sont simplement horribles. Enfin je parle de la place disponible entre les différentes rangées. Il faut, je pense, mesurer moins d’1m50 pour être assis correctement. Tout le monde avait les genoux ultra collés sur le siège de devant. Très désagréable quand vous devez rester une heure sans bouger. Et encore, je ne parle pas des pièces qui durent plus longtemps. Au secours.
En résumé :
« Inconnu à cette adresse » est vraiment une pièce à voir, sans se poser de questions. Le thème est dur, très dur, mais en étant incarné de cette manière, il devient « accessible ». J’ai vraiment aimé voir cette pièce, car elle pose assez justement la question de l’évolution d’une amitié dans des circonstances atroces. Que faire ? Tenter de pardonner ? Se venger ? J’ai mon avis sur la question, mais il est facile d’en avoir un quand on n’a pas vécu cet enfer.
Vous avez jusqu’au 4 janvier pour voir cette pièce.
Je me demande si je ne vais pas y retourner pour comparer le jeu des acteurs, je ne sais pas encore. A voir. Et vous alors, êtes vous tenté(e)s par cette pièce courte, atypique, mais indispensable ?
Écrit par
More from Florence

Chers voisins de transports…

Ce billet se conjugue aussi bien au féminin qu’au masculin. Il concerne...
Lire la suite

1 Commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *