Roule ma bille…

Et bah voilà, j’ai explosé les scores.
Je n’ai jamais été aussi « ronde » et ça me déprime. Bonjour le cercle on ne peut plus vicieux.
J’ai toujours été « ronde », du plus loin que je me souvienne. Merci à la cortisone, médocs et autres joyeusetés qui ont marqué mon corps de petite fille. Les années passant, rien à faire. Et puis l’adolescence s’en est mêlée et alors là, banco avec les hormones en folie.
J’ai toujours connu les regards, les réflexions, les insultes, les « Roule bouboule » et j’en passe. Plus les années défilent, plus je me forge un mur, une carapace entre moi et les autres. Plusieurs stratégies ont été mises au point : la petite rigolote de service ou la (très) agressive façon « Je sens que tu te rapproches, pas touche ». Les deux fonctionnent parfaitement bien, et c’est là le souci. Étant d’une nature très casanière (c’est peu de le dire), les sorties en boîte ou autre m’ont très vite rebutées, sans compter ma super santé au top du cool qui m’empêchait de faire ce que je voulais.

Et puis depuis un an, ma vie a changé. Bye bye le travail, bonjour la mini déprime. Mon frigo est mon ami. Le drame. J’enfle, je gonfle à vue d’œil et je n’en peux plus. Les regards des autres me fatiguent, j’évite le mien dans la glace. Impossible de trouver des photos de moi depuis mes 14 ans, ou alors c’est un accident que j’essaie d’effacer au plus vite. Je me cache derrière mon écran. En résumé, je vais à contre-temps des discours rassurants du moment : je ne m’assume pas du tout!


Il y a deux semaines, j’avais réussi à réenclencher la marche arrière niveau balance. Je suis assez fière de moi. C’est dur, mais la motivation est là. Et puis patatras, mes soucis de taf reprennent le dessus, l’aiguille repart vers le haut. Je n’ai jamais été aussi… ronde, ou grosse, grasse, obèse et graisseuse comme m’avait élégamment dit mon chirurgien il y a huit ans maintenant.

Faire du sport? Oui bien sûr, mais :

1°) la cicatrice au bas de mon ventre me dit que non, ce n’est pas encore le moment poulette. Que suis-je bête, quand une personne lambda se remet en deux/trois mois, il faut ajouter un mois de plus à mon compteur. J’ai trop tendance à l’oublier ;
2°) mon compte en banque est presque aussi à sec que certaines rivières. Pour reprendre doucement, je vais donc compter sur les gestes appris avec ma coach l’an passé quand j’aurai le « go » final ;
3°) je dois d’abord perdre quelques kilos de stress, flotte, etc., sinon je vais capituler trop vite, mon corps ne suivra pas. Youpi.

Côté travail, les entretiens d’embauche se suivent et se ressemblent. Les regards, le trou sur mon CV, les y’a qu’à de certaines personnes (on échange nos vies deux secondes et tu me dis ce que tu en penses)… Certains patrons me prennent de haut et préfèrent voir le verre à moitié vide. Purée, je suis bonne dans mon taf, compétente!

Et puis j’ai enchaîné deux entretiens la semaine dernière qui, enfin, se sont bien passés. Alleluïa. Je croise les doigts pour avoir une réponse positive, pour que l’une de ces sociétés pense « compétence » et non pas « absence sur le CV ».

L’une de mes proches amies a donné naissance à une petite Elina, une autre se rappelle à mon bon souvenir… Il y a des bonnes nouvelles dans ce bas monde! Je dois en tenir compte. Pour mettre mes bons conseils en pratique, ce soir, je vais bouger mon fessier extra-large et me rendre à la Girls Geek Party. J’ai hâte, j’adore cette ambiance et le thème de cette soirée. J’ai besoin de changer d’air aussi.

Ah la la, tout ça pour dire que si vous croisez une « ronde » dans la rue, chez le véto, dans votre boîte, demandez-vous ce que ça cache. Est-elle juste une « gourmande » comme il est si pratique de le penser ou cache-t-elle des fêlures un peu plus profondes? En tout cas, peu importe la raison, les regards peuvent être aussi blessants qu’une fine lame dans un corps ou une insulte bien balancée.


De mon côté, je vais reprendre pieds, donner une vraie fessée à mon moral perdu et trouver un taf pour pleinement me retrouver ensuite. Non mais alors, c’est qui la patronne ici?!
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3 Commentaires

  • ma p'tite chérie… tu sais comme je comprends tout ce que tu écris. Il est très beau ton billet… et tu sais que tu peux y arriver mais que ça va prendre du TEMPS. A défaut d'avoir les moyens de t'offrir une thérapie, je t'invite à acheter "Mangez en paix" et "Maigrir c'est dans la tête" de Gérard Apfeldorfer (que je me décide à aller voir en Juin après des années, de FRICKER, des essais de weight watchers, d'abandons divers, d'isoméride à l'adolescence et autres gélules et même Dukan ;-)) – Tu n'es pas un cas desespéré et tu es digne d'amour crois moi. Tu as un cheminement à faire, le plus difficile c'est vrai, celui de t'aimer toi même, de retrouver une belle estime de toi. La société est injuste quoiqu'il arrive. Je suis convaincue que même les très belles sont cataloguées au rayon bombasse mais doivent avoir du mal à se faire passer pour des filles intelligentes… tu vois le genre? Gros seins beau cul mais juste je te baise… bon OK je caricature. Bref. Ce que tu vis es dur, tu fais au mieux, tu fais ce que tu peux, pas toujours facile de tout gérer sur tous les fronts. Donc sois indulgente et douce avec toi même… petit à petit, tu vas réussir à canaliser toute cette frustration, cette énergie autrement… Allez cocotte. I can be your coach if you want 😉 gros bisous

  • Tu en parles très bien, avec beaucoup de sensibilité et de subtilité. T’assumer, oui c'est important, et encore plus que ça, redevenir amie avec toi-même. Tu as l'air de savoir ce que tu veux, essaie de t'en rappeler quand la vie joue à la garce. Bon courage à toi, et puis merci pour ces mots, simples et importants.

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