Le métro parisien, sur un air de Je t’aime moi non plus

J’ai plusieurs idées de billets qui s’entremêlent dans ma petite tête, mais depuis que j’ai eu vent de L’abécé(suici)daire de la ligne 13 écrit par Stéphane Podicalo, je me suis dit que j’allais, moi aussi, participer à ma manière à ces preuves d’amour quotidiennes envers le métro parisien.
J’déconne.
En fait, je vais coucher sur ce papier virtuel toutes les pensées qui me traversent quotidiennement l’esprit quand j’ai le plaisir d’emprunter le métro parisien. Je sais, bien évidemment, que nous ne sommes pas les plus mal lotis avec nos transports publics, loin de là. Le métro parisien n’est ni le plus cher, ni le plus dangereux, ni le plus sale (heu là, je n’en suis pas certaine non plus) en Europe. Bref, je sais que nous avons de la chance. Ceci étant, j’adore râler, pour tout, pour rien, donc je vais râler. Encore.
La ligne 8. Un pur moment de poésie, à chaque heure du jour, que l’on soit en pleine heure de pointe ou non. D’ailleurs, elle est encore plus remarquable en heure de pointe. Chaque jour, du lundi au vendredi, je me retrouve donc sur le quai de la station Strasbourg Saint Denis et j’attends. Un peu. Beaucoup. Passionnant. J’attends mon Prince Charmant ? Même pas. Non, j’attends que les wagons à bestiaux qui passent toutes les 4 à 5 minutes finissent par se vider un peu, pour que je puisse respirer, vivre tout simplement.
J’ai de la chance de ce côté-là, je n’ai pas un boulot qui demande d’arriver à une heure fixe, sinon bonjour la crise d’hystérie quotidienne.
Je ne comprends pas – désolée, je dois être un peu concon sur les bords – comment il est encore possible de programmer une rame toutes les 4 à 5 minutes en plein rush matinal. Je serais vraiment curieuse de découvrir les coulisses de ce vaste merdier. Qui sait, peut-être aurais-je une surprise ? Peut-être comprendrais-je enfin pourquoi un ou une abruti(e), ne soyons pas sexistes, les fesses délicatement posées sur sa chaise, décide à un instant T de jouer à l’accordéon avec les temps de passage entre les rames. Parce qu’évidemment, une fois les rames blindées jusqu’à la moelle passées, elles se vident rapidement à mesure que les rames finissent par passer toutes les 1 ou 2 minutes.
Là, je visualise Cyprien dans ses vidéos qui demande : « Pourquoi ?! »
Je passerai également rapidement sur les périodes dites normales, entre les courses matinales et de soirées. Là, c’est tout simplement grandiose avec 6 à 7 minutes d’attente. Fatalement, que se passe-t-il : les rames sont… bondées (c’est bien, vous suivez) ! Je suis dépassée par autant d’ingéniosité et d’inventivité dans la quête de l’emmerdement maximum de l’usager.
La ligne 8, le métro en général, c’est aussi ce petit vieux qui transpire par tous les pores de sa peau la vinasse bas de gamme et qui se poste, tous les jours, à la même place. Il varie parfois les plaisirs en changeant de siège, mais il est là. Réglé comme un coucou suisse.
Parfois, je me demande comment il a bien pu en arriver là, à trimbaler sa vie dans un caddie volé, les vêtements crasseux et son parfum beaujolais poisseux en bandoulière. De quoi rêvait-il quand il était petit ? Et puis bien souvent, je râle parce qu’il me donne involontairement mal au cœur, et je m’écarte. Comme tout le monde.
Crédit photo : Janol Apin pour son projet Métropolisson
La ligne 4, celle qui ramène chez moi quand je ne prends pas la 12, plus tranquille. Celle que j’évite le soir à partir d’une certaine heure. Celle qui expose aux yeux de tous, jeunes comme moins jeunes, ces toxicos vissés sur leurs bancs aux stations Marcadet ou Château Rouge et qui n’hésitent pas à sortir les aiguilles et les pipes à cracks all day long, sans que rien ni personne ne les dérange, surtout pas des flics ou les agents du GPSR, la sécurité de la RATP.
La même chose est entrain doucement mais sûrement d’arriver aux stations Abbesses et Lamarck sur la ligne 12. Pas glop pour nos chers touristes.
La ligne 12, celle qui fait partie de mon quotidien depuis quelques années.
Lente, très bruyante, vieillotte avec ses chaises entassés qui laissent à peine respirer, mais plus tranquille peut-être, plus « sûre ». Je ne sais pas pourquoi, elle a ce petit quelque chose qui me rassure.
Le métro en général, que je préfère délaisser quand l’occasion se fait au profit du bus. Plus lent, beaucoup plus lent, mais reposant. J’ai besoin d’être dans ma bulle, de décompresser et le bus est mon allié parfait en la matière.
Le métro, indispensable et repoussant, qui facilite nos vies et les pourrit aussi.
Écrit par
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2 Commentaires

  • Ah lala. Je pourrais te faire un roman de deux heures, je pratique quotidiennement les lignes 1,2 et 13… la fameuse. Il paraît qu'ils espacent certaines rames, pour qu'il y ait plus de monde à l'intérieur et donc plus de sécurité. Un métro bondé est moins craignos qu'un métro vide, où chaque personne qui monte devient suspecte. Bon cette pratique est avérée pour les RER surtout, à le temps entre les stations est long.

    Le problème principal est que le métro est vraiment très vieillissant, que ca coûte une méga blinde de tout rénover, et adapter. Et encore le métro parisien est grand comparé au londonien, tout petit, bas de plafond.
    Le bus a des horraires lunaires, pas fiables… Et rempli de clodo et de vieilles mémés et de collection de poussettes. Bref, l'horreur en heure de pointe. Mais c'est vrai quje le week-end, où aux heures creuses, j'ai tendance à le privilégier.
    Et maintenant, je sais c'est un luxe, mais passé 22H, c'est Uber ou taxi. J'arrête les cas sociaux, les bandes de jeunes bourrés, les racailles qui se donnent en spectacle, les roumains pickpockets et l'attente de 10 minutes sur le quai.

    Bisous ma petite bulle 😉

    • Ah mais oui, Gloire aux VTC ! Je suis une adepte de Uber quand je suis trop claquée ou qu'il est tard. Pas envie non plus de passer mon trajet à flipper.
      La 13, je la pratique extrêmement rarement et je comprends la frustration générale… Ce matin, un train toutes les 7 minutes sur la 8, sans aucune raison. Franchement, je suis gavée…

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