Intelligence Artificielle

Je me suis prise, en deux petites semaines, deux coups sur la carafe.
En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, j’ai pris brutalement conscience d’une chose : mes limites intellectuelles ne me facilitent pas la vie. En fait non, il ne s’agit pas de mes limites « intellectuelles », mais « culturelles », nuance qui a son importance. Vous me direz, c’est naturel, tout le monde en a. C’est évident, mais là, ce fut un choc et je l’ai vraiment pris comme un handicap.
Premier épisode – Institut Curie
La semaine dernière, j’ai eu l’immense privilège de rapidement visiter le musée Curie suite à sa réouverture après travaux, attenant à l’Institut du même nom à Paris. Ce fut tellement intéressant qu’il me faudrait plusieurs longs billets pour tout vous raconter. Je pense vous en faire un sous peu, mais pour faire court, des objets ayant appartenu aux Curie, mais aussi leur dernier bureau, le laboratoire de Marie Curie… tout est là, offert à nos yeux ébahis. J’aurais pu écouter des heures entières le passionnant directeur du musée nous raconter mille et une anecdotes. Encore, encore…
Une partie du Nikon Imaging Center – crédit photo : Institut Curie
Et puis notre petit groupe de privilégiés s’est retrouvé au sein du Nikon Imaging Center de l’Institut Curie. Là, un autre monde s’ouvre, où l’on prend très vite conscience de ses limites intellectuelles. Encore une fois, c’était passionnant. Une chercheure/chercheuse (?) a pris un peu de son précieux temps pour expliquer son travail et celui de ses collègues sur les cellules, grâce au matériel ultra pointu/perfectionné prêté par Nikon.
J’étais dedans, j’écoutais, attentive. Mais je loupais des wagons, pleins de wagons. J’ai toujours été passionnée par la biologie et la génétique par exemple. C’est un domaine qui m’intrigue et m’attire. Mais là, j’ai bien senti que certains éléments m’échappaient, que nous étions dans un contexte de haute voltige et que l’essentiel me filait entre les doigts, malgré l’attention que je portais au discours proposé.
Deuxième épisode – La soirée « vins »
Hier soir, miss Louise Massaux, exceptionnellement sur Paris, m’invite pour découvrir un « Bordeaux Clairet » et un « Bordeaux rosé » (pour les connaisseurs). D’entrée, j’ai compris en faisant une blague qui n’est pas passée (bonjour le second degré) que le petit monde de la « blogo vins » avait ses codes et qu’il est assez (très ?) difficile d’y entrer quand on est une néophyte comme moi. Heureusement que Louise était là, clairement. Du coup, je me suis comportée avec elle comme une moule sur son rocher, ou de la glue, c’est selon.
Je serai bien incapable de vous retranscrire les verbatims de cette soirée, mais en résumé, ça a parlé vins, rosés, inter-professions du vin, vins du Languedoc, Bordeaux, vins naturels ou non, etc. En un mot comme en cent : j’étais paumée (grave).
Là encore, mes limites ou plutôt mon ignorance du sujet m’ont laissé sur le bord de la route.
Et pour ne rien arranger, quand « on » ne connaît pas, « on » ne prend pas forcément le temps d’expliquer (sauf pour Louise), ce qui est, ma foi, parfaitement compréhensible quand la soirée est avant tout destinée aux initiés, soyons honnêtes.
Toujours est-il que j’aurais pu décréter que bon, puisque manifestement, je n’ai pas ma place ici, je me barre et pis c’est tout. Sauf que non, parce que Louise, encore elle, a pris le temps de m’expliquer certaines choses, ce qui a fait que j’ai pu comprendre 1/10ème de la conversation.
Mais voilà, après Curie, je me dis que décidément, je ne suis pas plus cultivée que ça.
Je me défends assez bien en culture générale (sauf en Histoire, la cata), certes, mais je ne me sens pas « cultivée ». C’est un vrai manque que je ressens depuis un certain temps. Mais comment faire ? Par où commencer ?
Enfin voilà, j’ai décidé de m’auto-challenger pour pallier, ne serait-ce qu’un tout petit peu, ce manque de connaissances. Et vous, avez-vous déjà ressenti ce « moment gênant » où vous ne comprenez pas grand-chose à la conversation, mais que vous donneriez beaucoup pour que ce ne soit pas le cas ?

Edit de 17h53 : 
En fait, Aline, avec son commentaire, m’a juste fait prendre conscience du fait que, globalement, « l’occasion fait le larron ». Comment se cultiver, s’enrichir, si l’occasion de le faire ne se présente pas ?
Si Louise ne m’avait pas invité hier soir, il est fort probable que je ne me serai pas intéressée aux vins avant… piouf… qui sait… jamais ?

En fait, ce billet ne fait plus forcément sens, à peine écrit. Mais je le laisse, parce qu’il m’a permis de faire évoluer mon avis sur la question. Merci Aline.

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6 Commentaires

  • En fait, je ne pense pas qu'il s'agisse d'un manque de culture. C'est plutôt qu'on s'intéresse à différentes choses. Par exemple, ta copine blogueuse n'est peut-être pas attachée de presse et du coup, elle pourrait se sentir complètement à l'ouest si elle assistait à l'une de tes réunions 🙂

    On a chacun nos centres d'intérêt façonnés à la fois par l'environnement dans lequel on est né et dans lequel on a été éduqué et les intérêts qu'on développe par la suite, à l'école, avec des amis, des collègues etc. Et pour moi, ce n'est pas un manque d'intelligence que de ne pas être experte d'un domaine ou d'un autre.

    Je suis nulle en dessin mais ça ne m'empêche pas d'aimer les expos sans connaître la technique. Mon mari parle arabe, quand il parle avec sa famille, je suis larguée de chez larguée mais ça m'empêche pas de vouloir apprendre un peu. Je ne me dis pas que je manque de culture ou d'intelligence mais simplement que je n'ai pas eu la chance d'apprendre ça avant.

    Pour toi c'est pareil, pour x raison, le vin et la chimie n'ont pas été des domaines de prédilections, ça veut pas dire que tu ne peux pas t'y intéresser (la preuve!) et que ça soit des moments gênants. Sauf si tu as dit que tu t'y connaissais à mort, alors là oui, c'est gênant lol mais sinon, il n'y a pas à être gênée de ne pas connaître/savoir

  • Je peux te dire que pour Curie, au niveau du Nikon Imaging Center, même en ayant fait de l'imagerie et bossé dans une boîte qui a fait du séquençage ADN, j'étais larguée. La ce n'est pas une question de culture – car ce n'est pas de la culture mais un monde professionnel – mais une question de savoir vulgariser et partager son savoir. Toute passionnée qu'était la chercheuse, elle n'a pas expliqué les fondamentaux, et ça ne pardonne pas.

  • L'histoire c'est ma bête noire. Et le pire c'est qu'avec les livres où les films ça revient assez régulièrement dans la discussion. a chaque fois, j'ai l'impression de n'avoir aucune culture générale

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