Lucy de Besson, Lucy en carton

A peine sortie de la séance ciné, voici mon (très humble) avis sur la question. Je ne suis qu’une spectatrice lambda, donc ne vous attendez pas à une « critique » digne de Télérama (dont le compte-rendu se trouve justement ici).

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Tout avait pourtant si bien commencé.
« A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune étudiante [Lucy] voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle « colonise » son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités.« L’ensemble est prometteur.

Un joli casting, Miss Scarlett et Morgan Freeman – toujours excellent, même si on sent bien qu’il se sent perdu dans cette galère, un réalisateur « star » dont le cerveau bouillonne constamment d’idées et un « pitch » qui aurait pu donner un film culte, du même niveau voire plus que le Cinquième Elément.

Tous les ingrédients étaient donc réunis, quand soudain… Sorti d’on ne sait où, un grand n’importe quoi qui ne se cache même pas s’est emparé du scénario et des spectateurs par ricochet. Lucy se retrouve dans une situation disons spéciale avec de vilains méchants plus méchants ce serait indécent qui font d’elle une mule. Mais pas n’importe quelle mule, puisque sexy Blondie transporte dans son bidon une super drogue. Pas de spoilers ici, tout est dans la bande-annonce.

Evidemment, Lucy s’échappe et évidemment, les méchants la poursuivent. Vu comme ça, avec la « touche Besson », ce film aurait pu tout casser sur son passage. D’ailleurs, son démarrage en salles est excellent, il y a donc du potentiel. Mais purée, quel gâchis !

Mais pourquoi suis-je tombée dans une telle galère ?!


On se retrouve avec un film d’action qui se veut aussi un peu philosophe du type « où va le monde avec les humains qui ruinent tout ?! ». Le mélange des genres est détonnant. Les scènes d’actions sont très réussies et visuellement bluffantes, du grand spectacle qui vaut le coup.
Il y a, bien entendu, de gros morceaux de déconnade où des « super méchants » sortent leurs guns (à ce niveau-là, ce sont des guns) devant des flics qui ne voient rien, une Lucy qui se balade dans un hôpital avec un flingue, mais tout va bien, des fusillades à gogo, mais ça ne dérange personne, un flic qui ne sert A RIEN… mais on s’en fiche, ça passe encore.
Et puis ensuite, il y a les dialogues, les scènes du superbe Morgan Freeman qui se demande ce qu’il fout là, et l’histoire. Luc Besson avait un diamant brut entre les doigts, il en fait un bijou bon marché. Après les trente premières minutes qui tiennent à peu près la route, on se noie dans un gigantesque bain de WTF. La fin est à ce titre un morceau d’anthologie. L’aspect « intellect » de l’affaire est survolé, ne parlons pas de l’intelligence artificielle carrément zappée. L’idée de base laissait entrevoir des possibilités bien plus intéressantes que ce qui en a été fait.

A vouloir ménager la chèvre et le chou, entre un film d’action pure et quelque chose de plus « philosophique », le spectateur s’y perd. Les réactions lors de la séance (des ricanements et des soupirs à peine contenus) et à la sortie de la salle ne trompent pas. Un grand silence gêné a suivi la fin de la projo, puis les langues se sont déliées. Quelle déception.

Enfin voilà. Je ne dirai pas que tout est dans la bande-annonce, mais presque.

Lucy est un film qui va sans doute fonctionner au box-office, mais ce succès à venir n’est pas vraiment mérité. Je suis ressortie tellement frustrée de la séance que je m’attendrais presque à entendre : « Allez viens, c’était un brouillon, le vrai film, c’est maintenant. »…

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