Féministe en carton

Que veut dire être féministe aujourd’hui ? Où le féminisme se cache-t-il ? Dans les noms masculins féminisés ? Dans les professions dites masculines et désormais accessibles aux femmes ou simplement dans le partage des tâches quotidiennes ?

Féministe, oui mais…

J’ai un avis assez tranché sur la question, quitte à me mettre à dos les plus radicales d’entre nous. Clairement, pour moi, il y a des combats bien plus importants que la féminisation de certains mots masculins comme auteur qui devient auteure ou autrice, maire qui devient mairesse (au secours) et j’en passe et des meilleurs. Franchement, je ne me sens pas moins femme, parce que la dénomination d’une profession a une tonalité masculine. Et j’irai encore plus loin, si l’on se sent menacée d’une façon ou d’une autre parce que le masculin prend le pas sur le féminin, il y a des choses à régler en soi pour s’attarder sur pareil détail.

Sur la même ligne, j’apprécie qu’un homme me tienne la porte par exemple. La galanterie n’est pas à prendre comme une forme de patriarcat à mon sens. Oui, parfois, nous pouvons être perçues comme des petits moineaux fragiles alors que franchement, passons. Mais la galanterie a encore toute sa place en 2019.

Qu’est-ce être féministe aujourd’hui pour moi ?

Il y a le féminisme too much (on n’est jamais trop féministe, je précise) et il y a celui, selon moi, qui fait réellement bouger les lignes. Celui qui s’acharne à faire exploser ce fichu plafond de verre en entreprise – il existe une légende tenace selon laquelle une femme, à poste égal et compétences égales, devrait être payé moins que l’homme (spoiler : lol), celui qui combat les clichés sexistes type le bleu est pour les garçons, le rose pour les filles, celui qui autorise les garçons à jouer avec des poupées et les filles avec des camions, celui qui porte haut les couleurs des femmes dans les métiers numériques et scientifiques, celui qui met en avant (et la combat) la charge mentale quotidienne…

Nettoyer, balayer, astiquer… et faire la machine ! Charge mentale mon amour

Ma définition du féminisme est plutôt basique. C’est combattre les pensées négatives du type « Ne porte pas cette jupe, ça fait salope », « Ne porte pas ce rouge à lèvres rouge, trop voyant » – les femmes ont le droit de s’habiller et de s’apprêter comme elles l’entendent – « Tu veux devenir ingénieur/faire de hautes études ? Tu n’y arriveras pas ! », etc. etc. la liste est presque sans fin. Être féministe, c’est ne plus se mettre de barrières quand une forêt de cul de poules vous attend pour vous mettre la tête dans le seau, c’est assumer sa féminité, son absence de féminité, ses forces et ses faiblesses, arrêter de se cacher. C’est être capable de dire non. Et si déjà nous réalisons ceci, nous irons loin.

Être femme dans un monde clichés

Je me plonge dans le sujet depuis quelques mois déjà, notamment d’un point de vue professionnel, avec les hashtags #WomeninTech ou #Empowerment sur Twitter par exemple. Je suis des femmes inspirantes aux parcours impressionnants et j’aspire à devenir quelqu’un, moi aussi. Et puis il y a la vie en dehors du travail.

En me rendant au Women’s Forum à Paris en fin d’année, grâce à Procter & Gamble, j’ai pu constater que les femmes se bougent toujours plus. Elles maîtrisent leurs sujets sur le bout des doigts et travaillent de concert avec les hommes. Merveilleux, n’est-ce pas ?! Fou plutôt que certains puissent encore s’en étonner. Avec sa campagne #WeSeeEqual, Procter & Gamble souhaite remettre « la femme » au centre du jeu en mettant le doigt sur ce qui ne va pas, sur ces clichés qui ont la vie dure et bien entendu, en faisant en sorte que tout soit du passé. On ne peut qu’applaudir et souhaiter que cette bonne volonté « contamine » le reste du monde professionnel.

Le féminisme n’est pas un gros mot

Pour terminer ce long billet – je pourrais en parler encore pendant un moment, je n’ai fait que survoler le sujet – je pense que le féminisme en 2019 ne sera définitivement plus un gros mot et que chacun, à sa mesure, hommes comme femmes, pourra faire avancer les choses. Il faut choisir ses combats et si pour certaines, cela passe par des choses qui me semblent futiles et secondaires, alors tant mieux. Le premier pas est de ne pas se tirer les pattes entre nous, non ?

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3 Commentaires

  • Coucou,
    Clairement le féminisme a une définition qui diffère d’une personne à une autre ^^ Pour ma part, je trouve aussi qu’il a une échelle et une mesure dans les combats à mener. Je ne suis pas une féministe extrême, j’aimerais juste qu’on défende nos droits au même titre que les droits de n’importe quel être humain 🙂
    Des bisous et bravo pour ce bel article engagé !

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