Cinéma : l’économie du couple…

Voilà un film qui a fait parler de lui, en bien, lors de la Quinzaine des Réalisateurs cette année à Cannes. Et après l’avoir vu aujourd’hui, je comprends pourquoi. L’économie du couple, réalisé par Joachim Lafosse, est puissant, profond… français.

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L’économie du couple : miroir de notre société.

Tout est une question d’amour, même la séparation, jusqu’à la colère, jusqu’aux portes de la haine. Entre mépris, incompréhension, vague tentative de « rabibochage » et vie quotidienne, le spectateur assiste aux dernières heures d’un couple qui se débat pour qu’un lien reste, même le plus infime, après quinze années de vie commune. Deux enfants sont en jeu.

Prendre parti pour l’un ou l’autre, assister à l’agonie d’un couple…

Dès les premières minutes, c’était plié. J’avais déjà pris parti pour l’un des protagonistes, la femme en l’occurrence. Mais tout n’est ni blanc, ni noir et bien entendu, chacun a sa part dans cette lente agonie d’un couple qui se sépare. Pas d’explications sur cette chute, juste la fin, les ultimes moments pour régler les choses, alors que le couple vit encore sous le même toit, l’argent faisant défaut pour se séparer « proprement ».

L’argent, le moteur d’un couple, de ce couple, au sens propre comme au figuré. La rancœur de l’un, l’agacement de l’autre, la petitesse de l’un, la lassitude de l’autre… et les enfants au milieu de tout ça. Et l’argent au milieu de tout ça. Et nous, spectateurs, renvoyés à nos propres notions de la vie de la famille et à notre rapport à l’argent, encore et toujours.

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L’économie du couple… par des acteurs parfaits.

Le casting de ce film d’1h40 est parfait. Bérénice Bejo est intense, dure, fatiguée. Elle n’a plus envie de se battre, mais elle n’a pas non plus envie de haïr le père de ses enfants. Elle veut la paix, tout simplement, passer à une nouvelle étape de sa vie.

Cédric Kahn est tout en nuance. Tantôt profondément agaçant voire antipathique, tantôt – mais plus rarement – touchant… Il incarne à merveille l’homme blessé qui veut sauver les meubles, tout en ne cessant de mordre, certain de son bon droit. L’argent, l’argent… l’ultime lien qui le retient à cette famille qui n’existe déjà plus.

Une scène est particulièrement révélatrice des enjeux d’une séparation. Il ne s’agit pas de la scène de danse sur Maître Gims (dans tous les teasers de France et de Navarre) proclamée dans la presse comme LA plus belle scène (absolument pas d’accord), mais d’un dîner entre amis. Malaise, incompréhension, moquerie, colère et tristesse… Sans trop vous en dire, on ne peut que retenir son souffle durant ce passage mémorable.

L’économie du couple : un huis-clos à réserver aux optimistes…

Ou aux pragmatiques. Si vous êtes déjà dans une phase difficile avec votre chéri(e), vous risquez la déprime sévère en sortant. L’économie du couple est un film qui pourrait parfaitement être transposé au théâtre, l’unité de lieu se réduisant à la maison du futur ex couple. Il n’explique pas pourquoi un couple se sépare, il dissèque juste les derniers instants qui font d’une séparation une « réussite » ou un terrible échec.

Et pour terminer, n’hésitez pas à prendre votre place pour vous faire votre propre avis et jetez un œil à la bande-annonce !

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