Autocensure

L’autocensure.
J’ai tendance à croire, parfois, que je suis passée maître dans l’art de taire ce que je pense. Des (non) événements me prouvent que je m’améliore de plus en plus. Est-ce un mal ou un bien ?
Je n’ai jamais été très bonne dans les réactions à chaud, alors j’apprends à me taire et à tourner sept fois mes index avant de taper sur le clavier. Je ne vous cache pas que l’apprentissage est difficile, le chemin est semé d’embûches. Mais parfois, je n’en peux plus, moralement et physiquement, car je suis une vraie éponge qui absorbe et rejette tout, quasiment sans filtre.
J’ai écrit un long billet avant-hier, dur, acide, froid et sec.
Je l’ai programmé, puis déprogrammé. Surtout, ne pas ajouter de l’huile sur un feu qui, au départ, n’était même pas de l’ordre de l’étincelle.
Je commence à être fatiguée de ne plus pouvoir m’exprimer sur un fait personnel sans que mon statut soit potentiellement mal compris. Je ne veux heurter personne, et je le fais sans même m’en rendre compte, parce que je ne pense pas un seul instant que mes écrits peuvent être décortiqués et sous-pesés à ce point. Mais je caresse aussi l’espoir qu’on se mette à ma place de temps en temps, que je peux avoir plusieurs soucis dans une journée, l’un plus « important » et personnel que l’autre, sans rien minimiser, et que celui-ci prend toute mon attention et mon énergie. Je ne veux plus avoir à me soucier du fait que ce que je dis peut être mal interprété.
Parfois, je pense que je suis mal comprise, mal connue.
Quelle image certaines personnes ont-elles de moi ? Celle d’une fille qui « règle ses comptes » via un statut sibyllin posté dans l’océan de Facebook ? Non. Désolée de décevoir, mais je ne suis pas assez stupide, allez, assez conne, puisque visiblement c’est le cas, pour faire ça. Si je suis en colère, touchée, heurtée, j’en parle en direct ou j’essaie autant que possible de passer à autre chose, de laisser tomber et d’aller voir ailleurs si j’y suis (et d’y rester).
Je me sens vraiment blessée parfois par les réactions des uns ou des autres sur ce que je peux dire ou écrire, alors que je ne vois pas où peut être le mal. J’ai envie de me jeter sur mon téléphone, sur ma messagerie pour dire « Mais non mais non, je ne parlais pas de toi. Pourquoi crois-tu cela ? ». Mais je ne le fais pas, peut-être parce qu’au fond, je crois que je n’ai plus ni l’envie, ni la force de me justifier, tout simplement.
Autocensure.
Et puis parfois, même quand « tout va bien », je m’abstiens. Je m’abstiens parce que je ne voudrais pas heurter les sensibilités des personnes à qui je tiens, amis IRL ou virtuels. J’envie tellement certaines blogueuses qui ont un vrai franc parler, qui ne s’embarrassent pas du regard ou des opinions des autres, qui vivent leur vie. Moi, je n’y arrive pas. J’aimerais tellement plaire à tout le monde.
Peut-être suis-je trop « gentille », trop co-conne pour arriver à me faire respecter ? Peut-être suis-je vue comme une fille « molle » qui tacle par derrière ?
Plus l’écriture de ce billet avance, plus je réalise son côté paradoxal. J’ai décidé d’arrêter de me justifier sur mes écrits, sur mes faits et gestes, mais ce billet pourrait bien ressembler justement à une longue litanie de justifications, par derrière, sans face à face comme je le clame haut et fort. En traître.
Alors ok, je l’assume, parce qu’il reflète ma pensée et servira dorénavant d’avertissement. J’écris les statuts que je veux, je partage mes pensées comme je le sens, n’y voyez pas d’arrière-pensée ou d’attaques cachées. Prenez-moi comme je suis. On ne peut définitivement pas plaire à tout le monde, aussi douloureux que cela puisse être. 
Tags from the story
Écrit par
More from Florence

En route vers un bel été avec la #estorysummer

Voilà l’été ! Son ciel bleu qui hypnotise et surtout, sa chaleur....
Lire la suite

8 Commentaires

  • On ne peut pas plaire à tout le monde mais il ne faut pas que ça soit douloureux. Jamais. Il faut s'aimer soi-même, aimer à tout prix nos amis proches et notre famille car ce sont eux qui nous aideront si on est pas bien, ce sont eux qui donnent les vrais conseils, ce sont eux qui nous tiennent la main si on en a besoin.

    Comme dit la pub "le reste n'est que fioritures". Si on a plein d'autres amis avec qui on rigole, super, très bien. Si on connaît pleins de gens qui nous invitent dans des soirées, qu'on connaît vaguement mais dont la compagnie est agréable, tant mieux, profitons-en. Mais il faut savoir garder la tête froide. On n'a pas a à se mettre la rate au court-bouillon si jamais "machine" qu'on aime bien mais qu'on connaît vaguement est pas contente d'un statut, ou a mal pris un truc.

    En vaut-elle vraiment la peine? Est-ce qu'elle sera là si jamais je suis mal, si jamais j'ai besoin d'un conseil? Toujours remettre en perspective les connaissances.

    Un vrai ami, tu peux heurter sa sensibilité, tu pourras toujours lui parler et de toute façon, il comprendra le fond de ta pensée (sauf si c'est délibérément une critique gratos ou là…).

    C'est pour moi la limite et le problème des réseaux sociaux ou des blogs, c'est que des anonymes ou des gens que tu connais pas trop, se permettent de dire "t'es nulle, tu sers à rien, ce que t'écris est pourri". Ca fait du mal au moral alors qu'honnêtement on ne les connaît pas. Autant s'en ficher et passer outre. Ils ne seront pas là pour te sauver la vie si tu as besoin.

  • Tu as raison, tu dois t'exprimer comme tu le sens et tu dois pouvoir dire ce que tu veux. On devrait pas avoir à s'autocensurer, peut-être à gérer un peu la forme pour que ça ne soit pas pris comme un règlement de compte mais parfois même avec une forme acceptable et un ton pas trop dur c'est mal pris… Après tout c'est facile de dire "han ! t'as parlé dans mon dos ! tu me l'as pas dis en face ! tu penses des trucs de moi que tu me dis pas" mais TOUT LE MONDE pense des trucs des autres sans leur dire, tout le monde se fait des réflexions sur telle ou telle parole de telle ou telle personne, parole mal passée, mal digérée… c'est trop facile… c'est comme dire "moi je juge pas" mais tout le monde juge, le simple fait de donner son avis sur tel ou tel livre est un jugement (par exemple).

  • Au delà du fait que c'est parfaitement utopique, ça sert à quoi de plaire à tout le monde ?! Personnellement, ma réponse à cette question est : A RIEN !!

    J'ai été pointée du doigt à la SECONDE où je suis née ! Parce que mes parents étaient l'un et l'autre divorcés, parce qu'ils avaient 15 ans d'écart, parce qu'ils étaient de milieux et religions différents, parce que mon père était plus petit que ma mère (les gens sont cons hein ?) et parce que je suis née "hors mariage" (mariage auquel j'ai assisté, à 2 ans, avec la femme de ménage et son mari comme témoins – le scandaleeeee !!). Donc s'il y a UNE chose que j'ai apprise dès l'enfance c'est que les gens aiment juger et critiquer. C'est comme ça. Alors … grand bien leur fasse ! Parce que bon, je me suis pris des réflexions toute ma vie sur mes parents (sur d'autres sujets aussi hein bien sur), mais au final mes parents – et ce contrairement à beaucoup de mes "détracteurs" – ils se sont aimés passionnément jusqu'à ce que, 30 ans plus tard, la mort les sépare. CQFD 😉

    Bref tout ça pour dire que plaire à tous, moi ça m'dépasse ! L'essentiel c'est de se plaire à SOI et de plaire aux gens qui comptent (en l'occurrence pour moi : mes amis très proches et ma maman). Les autres ? Quoi qu'ils disent ça glisse sur moi, parce que – et on s'est pris le bec récemment à ce sujet toi et moi – les ragots, les on dit, les qu'en dira-t-on etc., ça ne m'intéresse pas.

    Pour cela, j'applique deux principes simples mais indissociables : ne JAMAIS dire quelque chose dans le dos de quelqu'un que je serais incapable de lui dire en face (et j'y arrive 99,99% du temps) /// Ignorer (voire en rire 😉 ce que les gens qui ne sont pas "ceux qui comptent" disent sur moi (et j'y arrive 99,99% du temps). Parce toi je ne sais pas, mais moi en tout cas je n'ai pas de temps à perdre avec ça !

  • (ah et j'ai oublié d'ajouter à mon roman précédent que, la suite "logique" de tout ça c'est que du coup, si on préfère ne pas s'auto-censurer et "faire des sous-entendus en public" bein faut accepter les "demandes de justification en public"…) (sinon on n'en fait pas)

    • Quelle prose 😉
      Tu veux que je te dise ? Il n'y a pas si longtemps, je t'aurais dit "Oui mais non, enfin tu sais blablablaaaaaaa". Et puis je crois que j'ai eu un déclic salutaire. Quand c'est trop, quand ça prend trop le chou, stop. On ne peut pas plaire à tout le monde en effet et ça ne sert à rien. Le comprendre m'a pris du temps, mais je crois que ma tête de caboche a enfin enregistré le message ! 😉
      Quant aux sous-entendus en public, message reçu 5 sur 5 😉

  • hello 🙂
    pas simple de s'exposer, pas simple de faire face à la critique d'étranger ou quasi, et encore moins simple quand la critique vient de connaissances ou d'amis
    rester serein, rester soi-même… je n'ai pas de recette sinon je ne serai pas née stressée et hyper sensible voir susceptible 😉 ce qui compte c'est que tu blogues heureuse 🙂

  • je fais partie de ces "grandes gueules" et crois moi (je t'écris un jour off et un peu down down) la seule différence entre nous c'est que je sais que tout le monde ne m'aime ou ne m'aimera pas. Je ne sais pas être autre chose que moi même (c'est déjà tellement de boulot). Alors soi toi même, cela fera un bon tri dans ta vie, cela laissera de la place pour de meilleure personnes (dans le sens qui correspondent mieux à ta nouvelle toi) et puis cela te permettra de mieux vivre, dormir, manger et moins stresser. Cela est tellement con con ded dire ça mais je te jure que cela peux t'aider à changer beaucoup de choses.
    Courage

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.