Welcome to Notre-Dame de Bon Secours

Mes petits choux, après une semaine tout pile d’absence, je suis revenue. Pas en grande forme, certes, mais fidèle au poste.
Il y a quelques temps déjà, j’avais relaté ici mon aventure d’une semaine au sein de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris et plus précisément à Bichat. Je ne pouvais donc passer à côté d’un petit compte-rendu de mon passage à l’Hôpital Notre-Dame de Bon Secours. Et oui, c’est cadeau.
A l’hôpital, on fait plusieurs choses.
On souffre, on mange (enfin, on essaie), on dort (enfin, on essaie) et surtout, on s’ennuie. Voici donc un rapide résumé de mes palpitantes aventures :
A l’hôpital, on souffre : grande froussarde devant l’Éternel, rien qu’à l’idée de souffrir, je pleure. Alors là, ça n’a pas loupé. Évidemment, avec la petite opération qui m’a laissé une cicatrice aussi grande que le sourire du Joker dans Batman dans le bas-ventre, je déguste.
La modernitude a fait que, désormais, pour une chirurgie douloureuse, le patient a droit a une pompe à morphine qui délivre une dose précise toutes les dix minutes au maximum. Aucun risque de devenir accro, c’est étudié « pour ». Super, parfait, je vais être bien là.
Sortie de la salle d’opération, salle de réveil. Ouille, ouille, et re-ouille. Je suis littéralement en boucle. La morphine semble ne pas faire d’effet, mais en même temps, je viens d’être charcutée, ceci peut expliquer cela. Le lendemain, le surlendemain… Les infirmières me touchent, je fais des bonds, j’ai mal. Il semble maintenant évident que je fais partie des rares personnes quasi insensibles à la morphine. Les infirmières se posent des questions et puis miracle, je me calme avec… du Dafalgan! Du bête Dafalgan… Quand je vous dis que je ne fais pas les choses comme tout le monde!
A l’hôpital, on mange : alors là, mon grand dada de la semaine.
Premier jour d’opération, diète. Normal.
Deuxième, troisième ET quatrième jour d’hospitalisation : compote de pommes et petits suisses. Only. Traitement de faveur. Et oui, paraît-il que cela fait fonctionner le transit. Pas de transit, pas de sortie, CQFD.
Mon transit ayant eu la bonne idée de se mettre au diapason, je me dis que vendredi soir, je vais pouvoir manger quelque chose!… Mais pas de soucis madame, vous aurez du pain! Pas du pain de campagne non, mais un petit pain à peine décongelé. Yummy.
Je râle et fais partager mon désarroi sur Twitter. Rapidement, on me dit que je peux me faire ramener des douceurs. Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt?!!!
Déception avec l’arrivée desdites douceurs… à force d’avoir faim, je n’ai plus faim. La sensation est partie, mon estomac rétréci, je n’ai plus l’envie de manger. Me voilà bien.
Samedi, jour béni.
J’ai le droit à quelques pâtes, du steak haché infâme, des aubergines vapeur dans leur sauce tout aussi infâme… de la vraie gastronomie comme on n’en fait plus. Encore une fois, je laisse mon tour et me contente de mon fromage blanc et de sa fidèle compote.
Résultat des courses : c’est peu, pas à mon goût… Je devrais perdre quelques petits kilos avec tout ça! Pour mémoire, j’avais perdu trois bons kilos lors de mon séjour à Bichat. Roulement de tambours ce matin… Un kilo. Un tout petit kilo. On m’affame, je suis à deux doigts de mourir d’inanition (non, je n’exagère pas ou si peu) et je ne perds qu’un kilo. Fuck. C’est dit.
A l’hôpital, on dort : vaste blague.
Avez-vous déjà essayé, sans y être obligé, de dormir sur le dos, les pattes repliées pour cause de cicatrice qui tire, quand vous ne jurez que par la position ventrale et/ou de côté? Alors d’accord, il y a des choses plus importantes actuellement dans le monde, mais dans une chambre d’hôpital, le moindre problème prend des proportions gargantuesques.
Ajoutez à cet ingrédient un lit dur comme du bois et surtout, le bureau des infirmières juste à côté de votre chambre et vous obtenez le parfait cocktail pour nuits blanches garanties. Et allons-y que ça rit, que ça piapiate, que ça crie… à une heure, deux heures, cinq heures du matin! Vous avez des envies de meurtre quand les gentilles infirmières viennent pour prendre votre tension et votre température deux fois par nuit.
Résultat des courses : quand vous revenez dans votre lit douillet, vous ne pouvez toujours pas dormir sur le ventre et/ou le côté, mais vous avez la paix. C’est tout ce qu’on demande.
Et pour terminer, à l’hôpital, on s’ennuie : Amen.
Pas question de passer vos journées dans le lit, hop hop hop, il faut se lever et surtout passer au fauteuil. Assise ou couchée cependant, le problème reste le même : que faire? Sachant que vous êtes atteinte de somnolite aiguë, votre concentration n’est pas à son point culminant. Et dormir dans le fauteuil, la tête pendante, le dos en vrac (sans parler encore et toujours de cette fichue cicatrice), ce n’est pas envisageable.
Donc on lit, un peu, beaucoup. On regarde la micro TV quand elle daigne fonctionner. On s’essaie au dessin avec plus ou moins de succès. On s’essaie au crochet avec un désastre complet à l’arrivée. Et on regarde l’heure avancer. Une heure, c’est long. Et puis on brave l’interdit et on va dans son lit. C’est beau la routine.
Résultat final : j’ai passé une semaine de folaïe entre les mains de gentilles infirmières quoique un peu/beaucoup bruyantes, fais une diète plus ou moins forcée qui ne m’a pas rapporté un sou, lu tous les magazines qui me passaient sous le nez et surtout, j’ai surfé on Facebook et Twitter en long en large et en travers.
Un énorme merci à tous ceux qui m’ont envoyé leur message de soutien, ils m’ont fait bien chaud au cœur quand j’en avais besoin. Le prochain billet sera un peu léger, c’est promis!
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5 Commentaires

  • Ouah ! Sympa ce compte-rendu !!! En effet, c'est nul l'hôpital !!! Moi aussi je devenais folle et j'ai fait du forcing pour sortir un jour plus tôt ! On es bien mieux à la maison !
    Repose-toi bien maintenant !
    Bisous

  • Merci!
    Le pire, c'est que j'aurais été bien incapable de sortir un jour plus tôt tellement je suis rouillée… Par contre, une journée de plus et j'aurai craqué! Heureusement, la 1ère étape est passée! Maintenant, go pour 5 semaines d'arrêt! 😉

  • Au contraire, je préfère en rire qu'en pleurer! L'essentiel est que je sois à la maison désormais… Je pourrais en remettre une couche sur le blog tellement c'est galère également. Ah la la, Flocon, ton univers impitoyableuuu 😉

  • excellent ,je m'y revois moi même sauf la nuit , les infirmières ne s'interpellaient pas et n'allumaient les grandes lumières pour les soins.Et surtout pas de cavalcades et de chaussures buyantes et pourtant c'est un service de grands opérés .Mais je ne peux qu'admirer ta déscription de ce temps passé à l'hopital.

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