Visitez la Basilique Sans-Gêne…

Parfois, je me sens vieille. Une vieille conne qui n’y connaît rien.
J’ai 31 ans, bientôt 32 et visiblement, une éducation stricte qui ne correspond plus à l’époque d’aujourd’hui. On m’a appris très tôt à dire bonjour monsieur/madame, au revoir monsieur/madame, merci monsieur/madame, etc., etc., le tout agrémenté de « mange et surtout finis ta soupe » (les souvenirs ayant une forte tendance à se mélanger sans raison).
Evidemment, je n’en pouvais plus et ça me fatiguait.
Et puis j’ai grandi et conservé quelques ordres qui ont forgé ma personnalité au fil des ans. Ceux qui m’a marqué concernent la visite des lieux culturels :
– On ne parle pas à voix haute dans un musée, a fortiori une église
– On ne reste pas planté(e) des heures devant une oeuvre si cela implique de créer une file d’attente jusqu’au Pérou
– On ne répond pas au téléphone pendant la visite (quand les smartphones sont apparus)
– On ne grille pas le voisin dans la file d’attente
– …
Du bon sens ?
Je le pensais oui, mais manifestement, plus maintenant.
Aujourd’hui, j’ai assisté à un festival de sans-gêne ouvertement assumé.
Voilà plus de dix ans que j’habite à une petite vingtaine de minutes du Sacré Coeur qu’évidemment, je n’avais jusqu’ici jamais pris la peine de visiter. L’erreur est donc réparée. Du coup, j’ai pu observer de façon précise certains comportements de mes congénères, autrement appelés touristes.
The Grosse Meringue
Etape 1 : se faufiler façon anguille dans la file d’attente tu essaieras
Avec près de 10,5 millions de visiteurs, la Basilique du Sacré Coeur est l’un des monuments « emblématiques » parisiens, juste derrière Notre-Dame et ses 13,6 millions de visiteurs annuels. Bref, il y a du monde au portillon et donc, CQFD, une importante file d’attente.
Nous avons de la chance, l’attente fut relativement rapide. Nous trottinons, nous trottinons et hop, arrivons aux grilles de la Basilique quand soudain…
Un couple de touristes, dont le représentant mâle était littéralement pendu à son put*** de téléphone, s’est gentiment calé entre la grille et nous. Dans quel monde vis-tu gentil couple ? Pas dans le mien je pense, sinon tu n’aurais même pas tenté la manoeuvre… Bien entendu, les chiens ne faisant pas des chats, ma môman a décrété d’un commun accord avec elle-même qu’il était temps de bouter le couple hors de notre champ de vision, chose faite 1/4 de seconde plus tard.
Etape 2 : ton téléphone tu ne quitteras point.
Le smartphone, c’est bien connu, est l’extension de soi la plus précieuse du deuxième millénaire. Je suis une addict, je le reconnais volontiers. D’ailleurs, on pourrait facilement dire que je suis quasi atteinte de nomophobie. Bref.
Stopper ma conversation et mettre la bestiole en veille sont deux choses que je suis tout de même capable de faire… mais ce n’est pas le cas de tout le monde visiblement !
Mec, oui, toi le touriste « de base », valable aussi pour toi, « meuf »… quand on entre dans un musée, dans une église ou tout autre lieu dit culturel, on fait profil bas bordel ! Nan mais oh…
Etape 3 : hurler dans l’oreille du voisin tu feras
Peut-être la chose qui m’irrite le plus. C’est automatique, quand j’entre dans un musée ou une église, je baisse le volume. Peut-être une question de respect ou de « pause de l’esprit », je ne sais pas, mais un brin de silence n’a jamais nui à quiconque. Fait un peu foufou, c’est même carrément reposant et cela permet de mieux apprécier ce que l’on a autour de soi. Dingue, je sais.
Et bien si vous aspirez à peu de calme et de sérénité, fuir la Basilique vous ferez. C’est un vrai poulailler, pénible à souhait. Seules quelques alcôves sont sauvées du bruit ambiant, mais elles sont assez rares.
Ces « petits » détails mis à part, la grosse meringue, comme j’aime à l’appeler, ne me laissera pas un souvenir impérissable. Elle est relativement petite, mais je dois bien avouer que les fresques sont splendides. Certaines m’ont fait penser aux icônes russes, allez savoir pourquoi.
Par contre, un détail m’a un peu dérangé : les boutiques de souvenirs en plein coeur de la Basilique. Bougies (vilaines), statues, chapelets, bouquins… les marchands du Temple 2.0. Je ne suis pas pratiquante, mais ces boutiques qui invitent le chaland à venir se libérer de quelques pièces/billets pendant la visite… je trouve ça « trop ». Trop indécent, trop « attrape-touristes », trop.
From Paris with love <3
Enfin voilà.
Je suis tout à fait consciente que les « normes » d’hier en matière d’éducation ne sont pas celles d’aujourd’hui, ni celles de demain, mais parfois, un peu de bon sens ne fait pas de mal. J’ai de plus en plus l’impression d’être passée « de l’autre côté », façon vieille fille qui ouvre des yeux ronds commd des billes quand quelque chose lui déplaît.
A moi de m’adapter, mais ai-je vraiment envie de laisser certains principes derrière moi sous prétexte que les années passent et que je dois rester dans la course ? Je ne pense pas.
Et vous, qu’en pensez-vous ?
Et avez-vous visité la grosse meringue ?
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4 Commentaires

  • Je me rappelle de ma visite de la chapelle sixtine à Rome. Outre le fait que c'est une splendeur, l'une des plus belle chose que j'ai vu de ma vie, il faut se fader une queue proportionnelle à la beauté du site: majestueuse. Mais ceci dit les gens étaient assez disciplinés (on est en italie, les roublards sont partout). Et à l'intérieur de la chapelle:interdiction de prendre des photos même sans flash. Ba même si c'est surveillé et que des gardes suisses rappellent à l'ordre les aventureux qui sortent à peine leurs appareils, certains n'en ont cure et mitraillent tout flash dehors. Perso c'est gravé dans ma rétine et je ne comprends pas que certains se croient au dessus. Idem dans la chapelle, on se tait. Certains avaient du mal avec le concept.

    Bref je crois que 1 touriste ça va, c'est quand il y en a bcp qu'il y a des problèmes. Et que c'est partout pareil, hélas.

    • Ah oui ça, je pense que tous les monuments ont leur lot de pénibles… Effectivement, un ça va… 😉 Je ne suis jamais allée en Italie, question foule, ça doit valoir son pesant d'or !

  • Rassures toi j'ai été éduqué comme toi avec la politesse et tout le tralala et je me sent dépassée aussi
    et je me bat tt les jours à l'école ou je bosse pour que les gamins soient polis , mais quand tu voie que les parents ne te disent pas bjr tu t'étonnes pas après que le gamin en fasse autant.

    J'ai jamais visité le sacré coeur non plus, faudra que j'y songe un jour
    je le voie de chez moi j'ai déja visiter les escalier et été m'asseoir devant mais suis pas rentrée dedans encore.

  • J'y suis allée avec Nina lundi dernier et pas trop de queue ni de bruit à l'intérieur…
    Clairement après Séville où les églises sont beaucoup plus calmes, il y a un sacré contraste… les gens ne se comportent pas pareil…
    mais elle est quand même belle 🙂

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