« On se dit tu ? »

Toute petite déjà, mes parents m’ont appris à vouvoyer les gens que je ne connaissais pas, ceux qui avaient « l’autorité ». Depuis, je vouvoie, je vouvoie et je vouvoie… Sauf qu’il paraît que je devrais un peu plus tutoyer les gens.

Et là, c’est le drame.
Je travaille « dans la communication », où il est de bon ton de tutoyer à tout va. Mais moi, c’est bien simple, je n’y arrive pas. Si quelqu’un me tutoie sans préciser que je peux en faire autant, je vouvoie d’emblée. Si la situation ne change pas, je peux dire « vous » ad vitam aeternam.
Parfois, cette situation me convient parfaitement.
Elle offre cette distance bienvenue qui fait que je m’implique juste ce qu’il faut, ni trop, ni trop peu. Et parfois, c’est plus problématique, quand tout le monde se dit « Tu » et que je m’obstine à dire « vous ». Ou quand j’ai le « tu » au bord des lèvres, prêt à glisser entre deux phrases. Il m’arrive également d’avoir un interlocuteur qui lui-même ne sait pas trop où il va. Nous voilà bien.
Bah oui, mais si la personne en face ne me dit rien…
Comment savoir ? Le « tu » implique une familiarité certaine, une « confiance » que j’accorde avec parcimonie. Je ne tutoie pas à tort et à travers. Malheureusement, le vouvoiement, comme le tutoiement d’ailleurs, peut en vexer certains. Il faut alors jongler entre les caractères de chacun et les situations. Sportif.

On se fait la bise alors ?

 On m’a dit que vouvoyer une personne qui nous tutoie peut, dans certaines situations, nous placer en situation d »infériorité ». Je comprends tout à fait et je suis même d’accord. Le problème, encore une fois, est que je n’y arrive pas de moi-même. Je fais un blocage. J’ai développé tout un art de faire des phrases sans « tu » ni « vous ». Il faut se concentrer, mais ça fonctionne assez bien quand on maîtrise. Et puis, sans crier gare, il y a les exceptions qui confirment la règle, je me mets à tutoyer à tout va, sans me poser de questions (Où suis-je, où vais-je ?).


J’ai eu l’occasion ce week-end de « mettre en pratique » ce tutoiement de rigueur. Je me suis lancée dans le grand bain, sous vos applaudissements. Et bien laissez-moi vous dire que… c’est assez « simple » en fait et effectivement, ça facilite les échanges. Après, le naturel revient très vite au galop et quelques « vous » ont tendance à se glisser ici et là dans la conversation.

Quand j’en parle autour de moi, pas mal de personnes rencontrent le même souci (parce que ça peut devenir problématique). Je ne suis donc pas folle. Je pense aussi que cette difficulté à tutoyer vient aussi de ma grande timidité. Je suis une ourse, c’est de notoriété publique.

Alors pour 2014, je te souhaite cher lecteur, chère lectrice, une excellente année pleine de bonheur, de joie, de feux d’artifices et de grande rigolade !

Écrit par
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5 Commentaires

  • Bon papier qui me rappelle une période d'incertitude où j'hésitais aussi entre le TU et le VOUS.

    Je suis comme vous, en dehors du cercle de mes proches : familles et amis, j'utilise naturellement le VOUS, même s'il est vrai qu'il marque une certaine distance entre soi et les autres. Pour ma part, ce n'est pas un souci car j'estime que tutoyer à tort et à travers n'a aucun sens dans notre langue où l'on peut choisir entre le TU (pour les proches) et le VOUS (pour les autres).

    Par contre, le jour où le TU me vient naturellement aux lèvres, je propose le tutoiement et à partir de là, il ne m'est plus possible de revenir en arrière. L'autre fait désormais partie de mon univers.

    J'aime assez que nous gardions chacun nos spécificités. Elles font de chacun de nous un être unique. Le tous pareil… très peu pour moi.

  • Comme je comprends ! Je suis contente de travailler en anglais, où le vous facilite les choses… Et je suis devenue experte en phrases sans pronoms pour cette période d'incertitude entre vouvoiement et tutoiement…

  • J'étais comme toi, avant de travailler 2 mois à Montréal. J'en suis revenue avec le tutoiement très très facile. Il me faut maintenant faire un effort conscient pour vouvoyer. Et ce n'est pas forcément mieux.

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