Logan : un Wolverine peut en cacher un autre

Une claque. Une vraie belle claque. Intense, qui marque encore même quelques heures après. Sombre, intense, d’une violence inouïe. Logan, Wolverine, porté à l’écran par le brillant Hugh Jackman, tire sa révérence et nous laisse sur le carreau.

Wolverine, plus « badass » que jamais

Oubliez toute la saga X-Men et plus encore celle consacrée à Wolverine – dont le splendide « Le Combat de l’Immortel » dont je ne me suis pas encore remise tellement ce film était mauvais, au-delà du navet – car avec Logan, vous allez en prendre plein les yeux et l’estomac. Plus brut et badass que jamais, Logan rend le plus beau des hommages à un personnage mythique de l’univers Marvel.

Nous voici dans un « futur proche », aux alentours des années 2020/2030, à la frontière mexicaine. Wolverine est las de tout, fatigué, malade, dépendant de l’alcool et joue les garde-malade pour un Professeur X, nonagénaire, dont la puissance fait de lui une arme psychologique aléatoire définitivement mortelle. On assiste, impuissants, à la fin de règne d’un roi qui nous a subjugué/fasciné pendant des dizaines d’années. Et puis l’impensable prend vie sous la forme d’une fillette, Laura, alias X-23 qui… comment dire… a du caractère. Et des griffes.

Logan : du sang, des larmes, des griffes…

Pour vous donner un ordre d’idée, Logan pourrait se résumer ainsi : du sang, beaucoup de sang, de la sueur, de la poussière, et des griffes. Attention donc aux plus jeunes, Logan n’est vraiment pas un opus ordinaire de la franchise « tous publics ». C’est un peu « Kill Bill » sous amphétamines et sans cet esprit cartoon qui peut faire passer n’importe quel bain de sang pour (presque) du LOL.

Les tourments et la tristesse dans lesquels sont plongés Wolverine ne nous sont pas épargnés et on assiste, encore une fois, à la déchéance de celui qui a botté plus de fesses que tous les X-Men réunis. Quant à Charles Xavier, ses pouvoirs le rendent vulnérable, pas si fou qu’on pourrait le croire et dangereux. Le Professeur a cessé d’exister sept années plus tôt, point d’orgue d’un drame « fil rouge » qui rythme le fil.

C’est dans ce lot de pessimisme ambiant qu’apparaît X-23, son sac à dos et son squelette en Adamantium. Véritable arme mortelle haute comme trois pommes, elle représente ce qu’était Wolverine à ses débuts : un animal à « domestiquer » pour les uns, un jeune mutante porteuse d’espoir ou une erreur de parcours à éliminer d’urgence pour les autres. Elle est, elle aussi, d’une violence inégalée et tellement hypnotisante en même temps. Une révélation du film qui, grâce à son jeu, retranscrit des émotions plus fortes les unes que les autres.

Logan : un film à tiroirs

Avec tout ça, peut-être pensez-vous que Logan est un pur film à testostérone ? Non, puisque entre les lignes se dessinent les questions essentielles de la vieillesse et de sa gestion, de la maladie, mais aussi et surtout de la filiation. Filiation entre Charles Xavier et Wolverine, filiation entre Wolverine et une petite gamine qui vient bouleverser son univers à son corps défendant, filiation dans la haine aussi…

Côté photographie, l’image est belle, chaude et « sale » à la fois. Le spectateur est plongé dans cette ambiance de fin de règne, de terreur et de douleur. Le montage glisse tout seul et le casting dans son ensemble est particulièrement bien réussi. Dafne Keen interprète une jeune mutante sans filtre qui découvre un monde étrange et dangereux quand Boyd Holbrook joue les vilains pénibles. Peut-être le seul petit bémol du film : les fameux « méchants » un poil caricaturaux et tellement agaçants, peu à la hauteur d’un monument comme Wolverine à mon sens, mais c’est parce que j’aime chercher la petite bête.

Logan : de la noirceur et de l’espoir

Pour clore ce billet, je ne peux que vous inviter à vous faire votre propre opinion sur ce film décidément à part. Encore une fois en laissant de côté la sage dite originelle pour vous concentrer sur cette dernière et sublime danse, un adieu qui restera dans les mémoires. De la noirceur de ce film transpirent l’espoir, mais aussi un réalisme sur nos vies, notre vieillesse et nos attentes. Enfin, Wolverine a pris toute son ampleur pour un salut final digne de lui.

Un grand merci à l’agence Cartel (Constance et Hugo) pour l’invitation à cette AVP que j’ai vraiment, vraiment apprécié comme il se doit.

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