La matinale d’Europe 1, Thomas Sotto et ma salle de bain

Mardi, j’ai intégré une petite bande de chanceux. Car rares sont ceux qui ont eu la même chance que moi.
7h du matin, me voici au 26bis rue François 1er dans le 8ème arrondissement de Paris, tout près de la célèbre avenue Montaigne. Réveillée depuis 5h30 du matin, j’étais comme un enfant devant un magasin de jouets (ou de bonbons) devant l’entrée… d’Europe 1 ! Mardi, j’ai eu l’opportunité et le plaisir de découvrir en solo la matinale de la radio que j’écoute du lundi au vendredi avant de partir au boulot.
Petit retour en arrière et une première rencontre, quelques semaines plus tôt, avec des animateurs de la radio. Pour la première fois, la station a organisé une super soirée entre les blogueurs (ces êtres étranges qui ont un smartphone greffé à la main) et les animateurs, qu’ils soient de la matinale ou non.
Bien évidemment, quand j’ai reçu l’invitation, je n’en pouvais plus d’impatience, et c’est peu de le dire ! Le Jour J, nous voici donc Julie Adore, Madame Parle, Louisa A et beaucoup d’autres écoutant religieusement Thomas Sotto, David Abiker, Marion Ruggieri, Nicolas Poincaré, Jean-Philippe Balasse, Wendy Bouchard et Nikos Aliagas nous expliquer leur métier et pourquoi ils ont choisi de le faire chez Europe 1. C’était passionnant.
Ce soir là, les pompiers ont failli faire une entrée remarquée dans le studio où se déroulait la rencontre, Julie Adore défaillant à la vue de Thomas Sotto (son nouveau chouchou), de David Abiker et de Nikos Aliagas. Madame Parle a su se tenir, mais franchement, la fan en elle est vite sortie du bois. De mon côté, j’ai rêvé tout haut en espérant, si l’occasion se présentait un jour, suivre une matinale « en direct ». Mon voeu a été exaucé.
J’ai toujours été une « Europe 1 » girl. Toute petite déjà, mes parents écoutaient cette station, donc c’est tout naturellement que j’ai pris le pli le matin dans ma salle de bain. Je suis une mamie, j’ai mes habitudes et chaque chronique m’indique si je suis en retard ou à l’heure. Mine de rien, Europe 1 est chaque matin ou presque dans ma salle de bain.
Et puis un jour, le drame : changement d’animateur pour la matinale, arrivée de Thomas Sotto. Sauf que pour moi, à l’époque, Thomas Sotto = Capital. Je suis assez sensible aux voix, alors j’ai été perturbée. Ne parlons pas de l’arrivée de D. Cohn-Bendit au micro… Conséquence tragique, mais heureusement passagère : j’ai changé de crèmerie. Bouhou la vilaine.
J’ai vite repris mes esprits pour revenir au bercail, fort heureusement. (Mais Daniel Cohn-Bendit, je ne peux toujours pas).
Après quelques péripéties d’agenda, me voici enfin devant l’entrée, prête à ouvrir grands mes yeux. Je n’ai pas été déçue, car j’ai passé deux heures formidables ! Concrètement, je n’ai absolument rien fait sinon squatter un fauteuil en régie, mais c’était, une fois encore, passionnant.
La régie, c’est : trois écrans diffusant en live les chaînes d’info, le fil AFP qui tourne lui aussi en direct avec différents codes couleurs (du rouge pour l’urgence en passant par le jaune et le blanc), le réalisateur, l’assistant réal et celle qui murmure à l’oreille de Thomas Sotto, Victoire de Rincquesen.
C’est aussi une myriade de boutons pour faire joujou (mais oui bien sûr) et un va-et-vient incessant de journalistes. J’aurais pu faire plus de photos, mitrailler la régie et l’équipe, mais j’ai choisi de leur foutre la paix. Pas envie de passer pour la blogueuse chiante qui n’apprécie pas ce qui se passe autour d’elle.
Je savais que les matinales ne laissent pas de place à l’ennui, et là, j’ai été servie. Je n’en ai pas perdu une miette. Ça file à cent à l’heure, ça parlemente, ça râle et au final, tout s’emboîte parfaitement comme des Lego réalisés sur mesure.
Le matin de ma venue, actualité tragique avec l’attentat dans une synagogue. Et là, j’ai vu comment l’équipe de la matinale priorise les infos et choisit d’écouter ou non la concurrence. Quand une chaîne d’info titre sur un nombre élevé de morts avec une « exclu », Thomas Sotto relaie la dépêche AFP. C’est très intéressant à voir.
Sinon, j’ai trouvé mon alter ego en la personne du réalisateur de la matinale qui passe peu ou prou son temps à râler (gentiment). Je vois maintenant ce que ça peut donner au boulot ! Des interviews trop longues avec des habitués du genre ou non, des pubs qui sautent, des sujets qui lui tombent sur le coin du museau, des intervenants qui rentrent au tout dernier moment dans le studio… C’est une valse sans fin. Il ne faut pas être cardiaque. Il m’a bluffée, vraiment.
Une autre personne m’a laissé baba (oui, je décide que ça se dit encore en 2014) : Thomas Sotto.
C’est un jongleur mental né. Une oreille qui écoute son équipe dans le studio, l’autre dans le casque avec le réal/Victoire de Rincquesen et son cerveau qui fait le tri. Et ça, pendant trois heures non-stop. Respect. Il doit également maîtriser le discours de l’invité, le driver, le relancer, le couper si besoin. Et si l’actualité s’y met, il doit également mettre à jour en temps réel son fil conducteur, faire des choix en accord avec le réalisateur.
Vous allez me dire que c’est son métier et vous avez raison, mais cette gymnastique intellectuelle est tout de même difficile à imaginer quand on écoute un journaliste derrière son poste. Cerise sur le casque, il a beaucoup d’humour. Je tairai ici quelques petites sorties bien senties, mais sachez que je me suis vraiment bien marrée.
Seul petit regret : je n’ai pas eu l’occasion de lui poser deux ou trois questions après son marathon, debrief oblige. Du coup, je les ai encore en stock au cas où j’aurais le plaisir de le recroiser un jour.
Voir les coulisses d’une émission radio a toujours été un rêve, je ne sais pas pourquoi. J’admire les journalistes radios, les chroniqueurs, les invités et toute la fourmilière qui s’active autour pour faire rouler l’ensemble. Alors cette occasion, je n’allais certainement pas la laisser passer.
J’aimerais tellement en voir plus, de la conférence de rédaction en amont de la matinale jusqu’au débrief. Je me fiche de me lever en pleine nuit si l’opportunité se présente un jour. C’est impossible bien entendu (dites-moi si je me trompe), et je suis déjà plus que ravie d’avoir eu le privilège de venir de 7h à 9h.
Que vous écoutiez Europe, RTL, France Info/Inter ou bien encore Alouette ou Lyon 1ère, vous ne vous doutez peut-être pas de ce qui se passe « derrière le poste ». Et bien sachez que c’est un marathon intense réalisé par toute une équipe debout depuis l’aube (au moins) rien que vous, public. Et ça, c’est génial.
Un immense merci à Solène Delorme qui m’a très gentiment guidé le Jour J et Emmanuelle Patry du service com’ d’Europe 1, ainsi qu’à Thomas Sotto et son équipe, évidemment, pour l’accueil chaleureux. Impossible d’oublier Osmany sans qui rien n’aurait été possible. Coeur sur vous !
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