Job Factor : à la recherche d’un nouveau poste

Je suis attachée de presse. Attachée de presse, en recherche d’emploi. Et l’entretien d’embauche en agence de communication (le seul testé pour l’instant), c’est le parcours du combattant. Moi je vous le dis. Et pis encore, en parler s’avère à hauts risques, surtout quand, comme moi, vous êtes encore et toujours en phase de recherches de la perle rare : le boss, le poste et l’équipe qui vont vous taper dans l’œil.

Après avoir « ferré le poisson« , vous frétillez de joie, le palpitant carbure et le rose vous monte aux joues. Vous venez de décrocher un entretien, un vrai, avec une personne qui vous parle.

Il y a deux sortes d’entretien d’embauche : l’écrémage par téléphone, par mail et enfin, le Graal, la discussion en vis-à-vis. Et chaque fois, je tombe dans le panneau. Je me dis que je ne pourrai pas trouver de nouvelles manières de tester le chaland. Erreur. Les recruteurs en ont sous le sabot !

« L’entretien » par mail : vos prétentions salariales, vos qualités/défauts (on y reviendra plus tard), le pourquoi du comment il faudrait vous embaucher vous et pas Georgette de l’immeuble d’à côté. Une fois ces quelques petites questions posées, vous vous creusez le cerveau pour ne pas tomber dans la facilité, le gnan-gnan. C’est que ça prend du temps ces choses-là. On se relit pour voir s’il n’y a pas de fautes, si l’on a pas mis « Madame » à la place de « Monsieur » et zou!, on envoie la missive. Et on attend. Un peu, beaucoup. Passionnément.
« L’entretien » par téléphone : les mêmes questions reviennent encore et toujours, difficile de faire dans l’original. L’avantage de cette première phase est, qu’en général, elle débouche dans 90% des cas sur un entretien de visu. On a la win, on se détend, ça va fonctionner.

Deuxième phase de l’entretien d’embauche : le premier contact. C’est là où globalement tout se joue, surtout de votre côté. Et oui car il ne faut pas croire qu’un recrutement se fait en sens unique. Personnellement, j’attache une (trop?) grande importance au feeling. Ce n’est pas un mariage, mais presque. On en prend pour quelques années. Alors il y a les pressés, les « en-retard », les blasés, les commerciaux, les « suffisants » et les perles, celles pour qui on va se fendre en douze pour les impressionner.

  • Les pressés et les « en-retard » : rendez-vous est pris pour 10h? Vous arrivez à 9h55 pour être certaine d’être à l’heure? Vous êtes top. Vous ne passerez pas avant 10h15, voire 10h20 et même 10h30! C’est un concept. La ponctualité, c’est bien pour vous, pas pour certains recruteurs. Il y a ceux qui vous testent pour voir ce que vous faites en attendant et les autres qui soit, vous ont oublié, soit ont bien mieux à faire et vous pouvez bien attendre un peu que Diable. Pénible.
  • Les blasés : « Moui, moui, ok, très bien… ». Les blancs se succèdent. Vous ramez sévère pour décrocher ne serait-ce qu’un vague sourire de la part de votre interlocuteur. Une question vous trotte dans la tête pendant le face-à-face : « Mais qu’est-ce que je fiche là?! Et si tu te fous de mon parcours, pourquoi m’as-tu demandé de venir, abruti?!« . Il est important de préciser que certains vous contactent et vous font venir sans même avoir lu votre CV. Ou alors ils font très bien semblant. Pénible.
  • Les commerciaux : à la limite de la catégorie des « suffisants », ils ont pour eux l’avantage d’être aimables. Et ça compte beaucoup. « Oui alors moi je considère que si mon équipe ne fait pas au moins une nocturne par semaine, c’est que le travail est mal fait. »… « Heu, en ce qui me concerne, si je dois faire une nocturne par semaine, c’est que je suis mal organisée… ». La conversation s’engage fort bien. « Oui (le recruteur commercial dit souvent « Oui », c’est un mystère), alors il faudra se rendre disponible pour les soirées, développer vos budgets, l’agence. Et puis vous un avez un salaire fixe plus un pourcentage chaque fin de mois sur le nombre de budgets que vous allez gérer, ainsi que sur la prospection que vous ferez et les clients gagnés.. ». ZZzzzz, ah, c’est à moi que vous parlez? Je pensais que vous vous adressiez à votre chargée de développement? A dégager. Pénible.
  • Les « suffisants » : la catégorie Reine. Vous regardant sous ses lunettes ou en coin, le suffisant soupire, laisse des blancs bien appuyés dans la conversation et parfois, regarde votre CV comme si la peste s’était déposée dessus. Il vous fait comprendre que son temps est précieux et que s’il vous en donne des miettes, ce n’est pas par plaisir. L’ambiance s’alourdit quand il vous pose de nombreuses questions sur votre ancien poste/boss. « Et il est comment truc? Il est bizarre, non? Et pourquoi je reçois une montagne de CV de votre ancienne agence? ». Vous tentez désespérément de passer à autre chose comme, je ne sais pas moi, votre parcours ou vos compétences, mais vous vous prenez un mur : « Hum, il y a beaucoup de non-dits! ». Non, simplement, je ne viens pas baver sur mon ancien patron ni vous fournir en potins divers et variés. Il faut savoir doser. En donner un peu, c’est le jeu. Subir un interrogatoire malsain en règle, c’est non. Et merci de vous comportez comme une personne bien élevée. C’est un minimum. En 10/15 minutes, votre entretien est plié. A dégager. Ultra pénible.
  • Les perles : que ça fonctionne ou non, vous êtes ravi(e)s de vous être plié(é)s à l’exercice de l’entretien. Ces perles sont aimables, posent les bonnes questions, même si ce sont quasiment toujours les mêmes, s’intéressent à votre CV, ou donnent vraiment bien le change. En résumé, l’oiseau rare. Sur dix entretiens passés, j’ai eu l’occasion de croiser deux/trois perles. Cela donne une idée du pourcentage que représentent les autres catégories.

Une petite parenthèse s’impose sur les questions des recruteurs.La number one, le top du top : « Vos qualités et défauts? » Attendez, laissez-moi réfléchir… patience, rigueur, humour et créativité? Pour les défauts… je réserve ça au recruteur ;)). Si vous êtes en verve le Jour J, vous aurez à cœur de trouver mieux comme répartie, histoire de vous imposer comme le candidat idéal et surtout, de sortir du lot.

Sinon, vous aurez le choix entre : « Qu’apporterez-vous à l’entreprise? », le basique « Parlez-moi de votre parcours », le tordant « Et votre niveau d’anglais? », le mystérieux « Donc découvrir et travailler pour des clients/secteurs que vous ne connaissez pas ne vous fait pas peur? », l’actuel « Et au niveau des nouveaux médias? », le créatif « Et vous vous voyez où dans dix ans? (a – à ta place / b – partout sauf ici) et l’ultime « Vous avez des questions? ». Avec ça, vous avez fait le tour.

Continuons. Après le sublime premier entretien, en général, il y en a deux, voire trois et même plus. Il faut attendre le retour de votre interlocuteur. Et c’est là que ça se corse.

Il y a ceux qui, globalement, vous recontactent sous deux/trois jours. Normal, vous n’êtes pas le centre du monde non plus. Et puis il y a les autres. Ceux qui répondent après une petite relance sur le ton « Oups, pardon, nous sommes fort occupés en ce moment, mais votre candidature nous intéresse/votre profil ne correspond finalement pas blablabla… ». Au moins, on sait à quoi s’en tenir.

Seconde catégorie, ceux qui vous oublient carrément et qui, malgré vos relances polies, une fois, deux fois, rarement trois fois, ne prendront même pas la peine de vous jeter via un mail automatique. Le recruteur vous a déjà reçu dans son bureau, n’en demandez pas trop non plus. Le must, c’est quand ladite agence repasse la même annonce avec le même profil demandé après vous avoir vu. Alors là, c’est le cas typique qui fait monter la moutarde au nez. Nous ne sommes pas du bétail! Une petite mini réponse n’arrachera pas la main de celui qui rédige le mail! Pénible. Très très pénible.

Si vous avez l’ultime chance de passer le deuxième, voire le troisième round, il ne vous reste plus qu’à… attendre. Oui, attendre, encore et toujours. Au bout d’un moment, vous vous demanderez s’il ne serait pas plus raisonnable de continuer à envoyer des CV et à répondre aux annonces. Vous aurez raison, car même si vous fondez pour une entreprise qui a pris le temps de vous recevoir plusieurs fois, rien n’est jamais joué d’avance.

Une fois que tout sera terminé, vous jetterez un regard ému sur vos aventures RH, sans aucun regret, et souhaiterez bon courage aux petits soldats qui se jetteront à corps perdus dans la bataille. Vous, vous êtes au chaud, le front, c’est pour les autres. Il en faut pour tout le monde. On peut toujours rêver…

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