Geek me I’m not famous

Après plus de deux semaines d’hibernation bloguesque, je reprends la plume, que dis-je, le clavier, pour vous conter l’histoire d’une addict geek de base, c’est-à-dire qu’elle fait semblant de comprendre les choses : moi. 

C’est grave docteur?

Je sens bien que c’est grave. Je me lève, prépare mes petites affaires et hop, ni une ni deux, je me jette sur mon IPhone. Je le branche, attends son « cling » et déverrouille le tout. Puis j’attends, encore. J’attends le petit bip qui signifiera que j’ai 5 publicités et 2 messages qui ne demandent qu’à être supprimés. Je suis accro. J’ai besoin de ma dose. C’est grave docteur?

Allumé en permanence dans mon sac, sur le canapé, chez le kiné (en vibreur, je suis civilisée quand même), il me suit partout. Un vrai doudou. Qui fait quoi? Où? Quand? Comment? Je veux savoir! Facebook prêt à être dégainé, Twitter en embuscade, je suis « connectée », rien ou presque ne m’échappe.

C’est un peu pathologique tout ça. Un besoin, sans doute, de faire partie d’un monde, du Monde. Mais s’en rendre compte, c’est déjà le début de la guérison, n’est-ce pas?!

Tout a commencé avec mon Blackberry. « Jamais au grand jamais vous ne me verrez avec un IPhone! » Trop surfait cette petite bête. C’est bien simple, tout le monde croque la Pomme à pleines dents! Je ne serai pas l’un d’entre eux! Que trépasse si je faiblis! Blablabla de celle qui se voile la face.

Et puis mon BB (Blackberry pour les intimes) trépasse, lui. Soupir. Gros gros soupir. J’aime bien ce joujou quand même. C’est rapide et fluide. L’interface est sympa, sans parler des applications. Re-soupir. Je sens que je vais céder, ma carte bleue tressaute dans mon portefeuille. C’est dur. Résister. Encore et toujours.

Oh et puis flûte! Oui, je fais partie intégrante de cette société de consommation qui m’oblige littéralement à céder à la tentation. A l’insu de mon plein gré en somme. J’achète. C’est jouissif. Je configure. Je succombe. J’aime mon Iphone!!! C’était il y a presque un an. Depuis, le modèle 4G est sorti, mais mon portefeuille est resté obstinément clos, et je n’en suis pas peu fière!

Il fut encore un temps, lointain, où je travaillais dans une agence de conseil en communication (c’est beau). Évidemment, ayant Internet sous le nez non-stop toute la journée, la dernière chose qui me venait à l’esprit le soir, c’était d’allumer mon Mac joliment déposé sur mon bureau. Et puis un jour, j’ai quitté mon emploi et dix mille péri et péties plus tard, je suis toujours à la recherche de la Nouvelle Perle. Bref. Et me voilà embarquée dans la webosphère, à fond, pour me changer les idées.

L’Ipad qui me fait de l’œil, même si tout le monde sait que ça ne sert à rien, les « Angry Birds » en embuscade, suivis de très près par la nouvelle console de Microsoft (Kinect pour ceux qui suivent), jailbraker, pardon débrider ou non son smartphone, voter pour le blog du mois… Si je me pique d’en parler, je deviens une « geek » au yeux des mes compatriotes. Comment dire les gens? Heu, nan, rassurez-vous, j’en sais autant que vous sur la question! Il y a le geek et l’ersatz de geek. Heureusement, si comme moi, vous vous en êtes rendus compte et que vous n’étalez pas votre pseudo culture, vous pouvez continuer à mettre le nez dehors. Ce n’est pas encore « l’archouma » pour vous. Dans le cas contraire, soit vous payez au prix fort une formation IT, soit vous allez vite vous taire, ça coûtera moins cher ou moyen ultime de revenir à la raison, connaître une vraie geek, une vraie de vraie qui vous parle de temps en temps dans un langage bizarre. Radical pour retourner à la dure réalité : vous aimeriez bien, mais vous ne l’êtes point. Une « geek ». D’ailleurs, c’est tellement surfait! Blablabla de celle qui chouine… 

Si, malgré tout, vous voulez rester à l’écoute des tendances et au fait de l’actualité sans passer par la case quotidiens en bon vieux papier/radios-télévisions, rien de plus simple! Commencez par ouvrir un compte Twitter (encore assez confidentiel en France), bataillez pour avoir plus de dix followers, apprenez les us et coutumes des Twittos et paf!, vous vous rendrez vite compte que vous vous shootez à l’info geek/actu/crochet/chats c’est selon en intraveineuse, partout, tout le temps. Plus de limite. Et c’est là que les choses se gâtent. 

Owni, +1, RT, Bit.Ly, #FF, hashtag, IRL… Plus on s’accroche, plus on devient facilement bilingue Twitter. C’est bien joli tout ça, mais dans la « vraie » vie, à quoi ça sert? Et à force de vérifier si nos tweets ont été retweetés, de voir si de nouveaux followers font leur apparition ou plus simplement, à force de suivre la vie des autres, n’en oublie-t-on pas simplement de vivre la sienne, avec son entourage proche? Et cet air navré que l’on est susceptible de prendre quand on parle frénétiquement du dernier lien vu sur Twitter/Facebook et que votre interlocuteur vous regarde avec des yeux de merlan frit… « Comment ça, tu ne connais pas bidule?!« …

Grâce à ma kiné, je me suis rendue compte que je commençais petit à petit à dévier de la route et à (presque) suivre la vie des autres par écrans interposés. Connectée je suis, déconnectée je dois être. Pas complètement évidemment, mais il faut faire attention. Alors on se botte le popotin et on sort, on va au théâtre, au ciné, au resto avec ses vrais amis.

Et puis un jour, vous aurez à nouveau envie de partager vos coups de cœur, de gueule, ce qui vous plaît ou vous irrite. Et vous monterez à nouveau un blog. Sur WordPress, c’est le top. Ou si vous êtes une bille internationale, sur Blogguer, par exemple. Et vous chouinerez parce que la mise en page n’est pas aussi bien que celle des blogs que vous suivez. C’est normal, pour mémoire, vous n’y comprenez rien à rien. Un article, puis deux, puis trois, tiens et si je partageais ma prose? Hop hop, j’envoie les liens sur Facebook et Twitter… La boucle est bouclée.

Il est difficile de tenir un « vrai » blog, d’être en avance sur tout le monde ou au moins, pas trop à la ramasse. Tout ceci prend du temps et mine de rien, représenterait presque un travail au quotidien. Alors moi, j’enfile ma pelisse de fausse geek et avoue, sans arrière-pensée et avec une pointe d’admiration : « Respect« .

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