Fluctuat Nec Mergitur

Je me suis couchée relativement tôt vendredi, et puis pour je ne sais quelle raison, me voilà à nouveau debout à 23h30. Télé allumée. Je zappe et j’atterris sur les chaînes d’infos. C’est un cauchemar ? Où est la caméra cachée ? Les bandeaux « Alerte Info » défilent… J’hallucine.

Je réallume mon smartphone et me noie dans Twitter.
Les infos, les chiffres, la TV, les réseaux sociaux continuent de déverser l’horreur absolue. Encore et encore. Et moi, je suis effrayée au fond de mon canapé. Le SMS de ma +1 arrive, elle vient aux nouvelles. Je vais bien merci et toi ? Ta fille ? Et vous les collègues ? Tout le monde est-il sain et sauf ? Il en manque une au bataillon, elle ne répond pas aux SMS et tweets. J’ai le ventre noué.

J’envoie des SMS à mes amis parisiens, j’attends de leurs nouvelles. Les réponses rassurantes tombent les unes après les autres. Ok, mes poussins vont bien. Sur les réseaux sociaux, tout s’entrechoque. Facebook propose un service pour prévenir qu’on est en sécurité, un poids en moins quand la liste des amis dont la situation est vérifiée s’allonge. Sur Twitter, c’est le bordel organisé.

Le bilan continue de s’alourdir. Le temps passe, c’est fou comme les chaînes d’infos peuvent vous hypnotiser/agacer/rassurer/effrayer (rayez la mention inutile)… BFM TV me hérisse le poil, France 2 rame et finalement, je termine sur I Télé.

Les hashtags pleuvent, les belles initiatives aussi.
Accueillir les parisiens et les touristes, donner son sang… Je me sens d’une telle inutilité. Je me sens vide. Alors je vérifie que tout le monde est bien chez soi. Et je m’aperçois aussi que, finalement, pas grand monde vérifie que je suis aussi bien chez moi. Mais l’heure n’est pas au nombrilisme. Par contre, il est aux rumeurs infondées, aux drames qui n’existent pas, aux théories du complot qui commencent à faire florès. Alors on vérifie avec nos petits moyens et régulièrement, les médias font le point sur ce qui est vrai ou non.

Les larmes montent aux yeux.
Mais bordel, que se passe-t-il ? Pourquoi ? Comment ? C’est le choc, le temps qui s’arrête, la douleur même quand on est chez soi, loin de ces lieux maudits. Que faire ? Que dire ? A mon petit niveau, je suis perdue. Des câlins, pleins de câlins. Prendre tout le monde par la main, dans les bras, les réconforter. Je n’ai qu’une seule envie, réconforter mes amis. Mais comment ? Je suis perdue.

Je, je, je. Moi, moi, moi. Mais non.
Écrire ce billet fourre-tout est-il parfaitement inutile ? Ne sert-il qu’à me soulager de quelque chose que je n’ai pas vécu dans ma chair ? Ou est-ce juste le moyen de partager avec vous cette tristesse qui m’envahit depuis hier soir ? Je ne sais pas dessiner, je ne peux pas donner mon sang, je n’ai pas de « punchline » à disposition pour les réseaux sociaux, alors j’écris ici… FLUCTUAT NEC MERGITUR.

Merci @joannsfar – L’essentiel en un dessin
Écrit par
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