Est-ce que je vous dérange ?

Je bulle, tu bulles, il bulle…

C’est bien gentil tout ça de buller, mais au travail, il n’est point question de ça ! Et oui, le travail. Voici maintenant une semaine que j’ai sauté à nouveau dans le grand bain après mes quelques petits soucis en ce début d’été 2010 (cf. Welcome to Bichat Resort pour les perdus du blog)… et c’est, comment dire, fatiguant.
Bien sûr, je suis ravie de me frotter à nouveau à mes « amis » journalistes, mais je termine la semaine sur les rotules et la tête farcie. C’est que nous n’avons pas des vies faciles, nous, les attachées de presse. Nan, je n’ai pas dit attachées de stress bande de vilains !
Attachée de presse… en voilà un métier à fantasmes. Nous sommes donc censées, dans l’inconscient collectif, être blondes, relativement grandes, à forte poitrine et pas grand-chose dans la tête. Souvent raillée, pas assez estimée, l’attachée de presse est mine de rien partout, tout le temps.
Vous la croisez dans votre magazine préféré à la page « shopping » (cette belle paire de chaussures, c’est elle, l’attachée de presse, qui s’est démenée corps et âme pour décrocher ce 1/8ème de page) ou bien encore dans un grand quotidien pour un sujet conso du type « Comment bien choisir son assurance auto », voire même dans une émission quotidienne de consommation dont l’une des chroniques vous propose de bien choisir votre matelas. La marque citée ou largement visible, c’est encore grâce à elle, l’attachée de presse.
L’AP (ça ira plus vite pour tout le monde) est un hybride entre un commercial (chuut, à ne pas dire trop fort, ça pourrait vexer) et une tête bien pleine. Et oui, c’est qu’il faut en avoir dans le cerveau pour gérer au quotidien les actualités/humeurs de ses (nombreux) clients (on ne dit pas client d’ailleurs, ça peut vexer aussi), veiller l’actualité en général, le marché ad hoc et la concurrence, être proactive en proposant toujours plus d’axes de communication intelligents et percutants ! Et puis il faut être à l’écoute de tout, tout le temps. Avec mille narines dressées pour humer l’air du temps.
Une AP, ça ne se contente pas de décrocher son téléphone en bakélite (certains d’entre vous verront de qui je veux parler) en tutoyant d’office son poto le journaliste. Le boulot premier d’une AP, c’est d’établir une relation de confiance entre elle et son interlocuteur qui, de son côté, reçoit juste 150 appels similaires au vôtre par jour, sans compter les communiqués de presse papiers ou web. Il faut savoir se démarquer, se rendre indispensable sans pour autant le clamer haut et fort.
Nous sommes des travailleurs de l’ombre.
L’AP et le journaliste, c’est une longue histoire d’attraction/répulsion. Il n’a pas ou peu besoin de nous, mais nous appelle quand il veut des infos. Il n’a pas le temps, mais le trouvera pour tester un nouveau joujou ou interviewer un joli poisson. Il soupire, râle, mais nous écoute aussi. La plupart du temps, il est charmant, même en nous envoyant paître vers des contrées plus vertes. Pour être totalement honnête, ce que je viens d’écrire est un peu cliché, car, en général, il est gentil et nous, contentes.
A chaque fois, lorsque je tombe sur un malotru, je m’oblige à penser que mes centaines de collègues parisiennes l’ont harponné pour lui proposer leur came. Je respire. Mais de temps en temps, moi aussi j’aimerais bien qu’il pense que nous faisons notre travail et que mine de rien, nous l’aidons dans la rédaction de ses papiers/chroniques. Dur métier finalement, toute proportion gardée évidemment.
Et puis il y a les moments de « grâce ». Le topping sur le cupcake.
Agréable et patient (même s’il n’a deux minutes trente à nous accorder, ce sont de vraies minutes bien longues), il nous jette plus souvent qu’il prend nos sujets, mais on s’en moque, car c’est un plaisir de l’appeler. J’en connais quelque uns, qui se comptent sur les doigts d’une main. Mais je les garde bien au chaud, sous leur petit plaid en mohair l’hiver. Des perles qui vous ensoleillent une journée faite de répondeurs et de murs en pleine face.
Enfin voilà. Je suis une attachée de presse, une chargée de clientèle, une consultante RP. Trois termes pour le même poste. Je reprends ma route semée d’embûches et finirai par trouver l’agence où je ferai mon prochain nid. Et où j’appellerai mes journalistes. Et où je continuerai à jouer le rôle chasseur de tendances, d’actualités, d’angles à proposer.

Au fait, je reste, bien entendu, à votre disposition si vous avez la moindre question.
Cordialement.
Bulles de Flo

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