Charlie’ s Angels

Je n’ai jamais été particulièrement fan de Charlie Hebdo. Ni du fond, ni de la forme. Pas mon dada. Et puis parfois, je l’avoue, certaines caricatures me faisaient penser que la rédaction frôlait drôlement la ligne jaune, sans jamais la dépasser toutefois. Un certain Pierre Desproges, fort intelligent, disait « On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. » Charlie Hebdo, c’était ça pour moi.
Dessin de Jack Koch
Et puis hier, attentat. Terrorisme. Coup de tonnerre. Meurtres. Larmes. Choc. Stupéfaction. Colère.
Et puis hier, après la tempête, le reste. Le soutien. L’émotion. Je suis Charlie.
Je ne pensais pas que j’en ferai un billet d’ailleurs, d’autres ont bien mieux exprimé mon ressenti que moi. Mais voilà, je suis là. Hier, j’ai été beaucoup plus touchée que prévu, je ne l’ai pas vu venir. Les chaînes d’info, les images, les vidéos, LA vidéo qui tourne, l’exécution. La justification poisseuse de cette diffusion sur les réseaux sociaux. Et pour moi, la colère qui monte. La tension. Le bras droit qui prend. Le malaise. Le repos, avec la tête pleine d’images et de pensées…
Dessin de Tokyo Banhbao
L’enchaînement d’interviews, de récupération politique, médiatique. La blonde extrême qui sort du bois, la SG des Verts qui apparaît et disparaît comme par magie, l’ancien président qui se pose en actuel président. L’actuel président présent, puis absent, mais tout de même présent. L’Unité Nationale comme on dit.
Les tweets programmés des marques qui apparaissent comme un cheveu sur la soupe. Youpi tralala, ce sont les soldes. Les tweets non programmés de crétins bas du front qui disent « bien faits ». Vomir. Les tweets ou post Instagram toujours non programmés surfant sur le « buzz ». Une marque qui invite ses clients à venir, pas de soucis hein, les CRS sont devant la boutique… et qui finalement, devant le tollé, supprime sa photo. Tiens donc. Vomir ce qu’il reste à vomir.
Sans oublier les théories du complot qui font surface. C’est comme les cafards, ça résiste à tout.
Les dessins, les milliers de dessins, sur Instagram notamment, avec le hashtag #jesuischarlie. Des beaux, des moins beaux, des sincères. Touchant.
Dessin de Julie Adore
Et puis la seconde fusillade. La tension qui remonte. Le coeur qui bat.
Je ne pensais pas être autant touchée par cette actualité et finalement, c’est au-delà de ce que j’imaginais. J’ai envie de tweeter des choses futiles, des choses heureuses, des choses qui changeraient les idées. Mais non, ce serait clairement déplacé. Alors je les garde pour moi et je ris, un peu, chez moi à l’abri des regards et des jugements. C’est peut-être ça, la meilleure réponse à la connerie humaine, non ?
Écrit par
More from Florence

Si ce n’est pas Adriana, c’est Flocon qui vous sauvera peut-être…

Toute petite déjà… Ah oui, c’est certain, depuis toute petite, je baigne...
Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *