Allô? T’es où?

Il est plus ou moins petit. Rectangle long ou petit galet, noir, blanc, vert ou rouge, il change notre quotidien souvent pour le meilleur et parfois pour le pire. Son évolution a été foudroyante et son utilisation est désormais quasi indispensable. A clavier ou tactile, avec appareil photo ou vidéo, voire même les deux, il révolutionne nos habitudes de communication.

Retour en arrière, quinze ans plus tôt. L’envahisseur arrive, les cartes tremblent. Dans chaque porte-monnaie, elles sont là, 20 ou 50 francs pour une demi-heure ou une heure de communication. C’est le grand luxe. Chaque place, chaque avenue possède sa cabine, c’est l’âge d’or de France Télécom.

Au collège et au lycée, les Tam-Tam s’incrustent dans les besaces, dignes ancêtres de nos chers SMS. Nous sommes à la pointe de la modernité, tout le monde en veut un.

Et puis « il » débarque, pesant son petit poids. C’est le it objet du moment… après quelques mois d’attente et surtout, d’affreux chantage familial, je l’ai. Je suis la plus heureuse! Il est trituré dans tous les sens, toujours avec moi et me change la vie. Mon premier téléphone portable. Je m’en souviens encore. Un Bouygues Télécom, son haute qualité, avec son écran en noir et blanc et ses trois/quatre lignes de texte. Terminées les cabines et cartes, je suis maintenant joignable partout, tout le temps. Enfin là où le réseau passe.

Son prédécesseur, le Be-Bop, n’a pas fait long feu. La technologie l’a bien vite surpassé. Quelques bandes colorées subsistent ça et là sur les poteaux électriques. Levez un oeil et vous les verrez, comme autant de vestiges d’un temps révolu, nostalgie d’une époque où tout allait moins vite, plus calmement.

Un jour, une pomme a croqué le Monde en présentant un modèle entièrement tactile, et depuis, la concurrence fait rage. Tout le monde (ou presque) veut en être. C’est la course à la technologie, à la consommation où comment l’offre créée la demande. La question du moment n’est plus : « Et toi, tu as un portable?« , mais bien « Et toi? Tu es plutôt Iphone, Blackberry ou Androïd?« . Le choix est cornélien.
Les adversaires du portable sont peu nombreux ou alors ils se cachent, d’autant plus que la France s’est équipée d’un réseau digne d’une toile d’araignée se répandant à la vitesse de l’éclair. Alors évidemment, il subsiste encore quelques zones ça et là, tels des « villages d’irréductibles gaulois ».

Tout ce cirque pour s’apercevoir qu’en peu de temps, les mentalités et besoins évoluent. Tout le monde doit suivre, même les séniors… ou pas. Je connais une personne qui n’entend rien à toutes ces évolutions. Elles lui font peur et prendre conscience qu’elle n’est plus toute jeune. Le tactile? Les SMS? Trop compliqué! Me voilà donc à la recherche d’un petit bout de téléphone ni trop compliqué, ni trop vieux. Mission accomplie, elle est heureuse.

Et moi de mon côté, je prends également conscience que tout va vite, peut-être trop vite. Il faut s’adapter. Un jour, ce sera mon tour d’être larguée, de passer pour celle qui ne comprend rien à la vie et c’est quelque chose! Je lutte pour que ce moment soit le plus tardif possible, tout en essayant de résister encore et toujours à l’offre pléthorique de gadgets que nous nous acharnons à rendre désirables et indispensables.
Par exemple, dans quelques années (mois?), nous entendrons sûrement dans nos transports en commun ou dans la rue non plus « Allô?! T’es où??« , mais plutôt « Allô?! T’es place Clichy au lieu d’être au travail! Ne mens pas, je viens de te géolocaliser!!! Qu’est-ce que tu fais?!!! »…

Les joies de la technologie qui avance, encore et toujours! 😉

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