Lecture d’été – 50 nuances d’ennui

Préambule : je me suis fadée la trilogie « 50 nuances… » donc le présent billet va contenir de gros morceaux de spoilers emballés dans une cravate de soie, grise comme il se doit… Si vous n’avez pas lu les trois bouquins et que vous ne souhaitez pas trop en savoir, passez votre chemin !

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Bon alors je ne sais pas pourquoi je suis tombée dans le panneau. L’actu ciné peut-être. La semaine dernière, bim, comme ça, j’achète la version iBook de 50 nuances de Grey. Moi qui étais passée entre les lignes avec grâce et légèreté, jurant à qui voulait l’entendre que jamais, ô grand jamais… enfin vous vous doutez de la suite. Fontaine, je ne boirai pas de ton eau.

Ne te mords pas la lèvre cocotte, tu vas prendre cher…
Evidemment, j’étais prévenue : cette trilogie est un condensé de… rien. Pas de quoi fouetter un chat ou la ménagère de moins de 50 ans française, parce que visiblement la version US s’émoustille pour un rien. Dès la sortie du premier opus, la mode du « Mommy Porn » made in USA a déferlé sur le vieux continent.

Entrons dans le vif du sujet : les 50 nuances d’ennui.

Anastasia Steele est une fifille de 20 ans banale à souhait (selon elle) qui, un jour, prend le relais de sa super coloc’ Kate ultra grippée pour réaliser l’interview d’un super magnat de l’industrie plus riche que riche tu meurs : Christian Grey.
Anastasia fait une entrée fracassante en se retrouvant à quatre pattes dans le bureau de duboss. Elle pose des questions concons et finit tout de même par attirer l’attention de bogoss. Après quelques tergiversations de part et d’autre, dubogoss prend son hélico pour aller titiller la belle ingénue rentrée chez elle et lui faire comprendre qu’il la mettrait bien dans son lit pour la « soumettre ».

S’ensuit toute une cascade de « Il me plaît / Il est trop beau, trop riche, trop bien pour moi / Pourquoi moi ? » et « Je vais la fesser / Je vais la fouetter » et… bim, il y arrive.

Cette trilogie est un cercle infini de platitude extrême. Le schéma est toujours le même sur les trois tomes, notamment au niveau sexe dit « brutal ». Je vous la fais en version courte pour vous faire gagner du temps :

« Ana, ne te mords pas la lèvre, tu sais ce que ça me fait ».

Oups, je suis vilaine, mais ma déesse intérieure est toute joie.
« Ana, que vais-je faire de toi ? »
Oh mais ce que tu veux. Ma déesse intérieure fait un triple saut suivi d’une danse d’une ventre.
« Oh Ana, qu’est-ce que tu mouilles ! »
Oh !
« Viens Ana ».
Piouf je suis crevée !
« Ana, tu as faim ? » / « Ana mange ! »
Non, je n’ai pas faim, du moins pas de nourriture…

Voilà. C’est tout. Encore et encore. Inlassablement.

Bien évidemment, il y a quelques fessées disséminées ici et là, quelques mots « crus » pour appâter le chaland, mais franchement, quel ennui mortel !
 
50-nuances-de-grey
Every breath you take…
Parlons peu, mais parlons bien.
Déjà, dans quel univers une coloc demande à sa keupine qui n’y connaît rien de réaliser à sa place l’interview du mec le plus insaisissable de la planète ? Narmol.
Continuons avec le triptyque unité de temps, de lieu, d’action. Le pire est sans aucun doute l’unité de temps. Et oui, en moins d’un moins, un tout petit mois, Anastasia rencontre dubogoss, couche avec lui, se fait fouetter et autres joyeusetés à maintes reprises, le quitte, se rabiboche, décroche un taf, se fait harceler, se fait attaquer et… se fiance ! Le mariage et la lune de miel suivront bien évidemment dans la foulée. Chapeau Ana !

Et puis sa déesse intérieure… mais elle est à baffer cette déesse intérieure, conscience en carton d’Anastasia Steele !

Autre point qui m’a fait mourir de rire… le côté lapinou du couple infernal. Du sexe, du sexe et du sexe partout, tout le temps, dans toutes les situations.
Et attention, Dubogoss a toujours un « étui argenté » à portée de mains ! Mais où cache-t-il tout ça ?! A croire qu’il a une usine de préservatifs dans la poche. Insensé !

Bref, je me suis tapée les trois opus en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Le 3ème a battu le record, notamment parce que j’ai eu tendance à zapper les scènes « hot’. Une fois qu’on a compris le système, on peut passer à autre chose.

Pourquoi ai-je persisté ? Je ne sais pas. Bonne question. Je me suis dit que peut-être, malgré l’avis général, j’y trouverai mon compte. Peine perdue. Je n’ai même pas été déçue, puisque je ne m’attendais à rien. Tout de même, je cherche encore à savoir comment cette trilogie a pu avoir un tel succès. Le puritanisme outrancier des américaines qui ont trouvé là le moyen de « transgresser » leurs propres règles ne doit pas y être étranger.
Hello you…
Côté ciné, ce sera donc Jamie Dornan et Dakota Johnson qui incarneront le couple. La BA me semble assez fadasse et la sortie du film a d’ailleurs été repoussée à la Saint-Valentin 2015, ce qui n’est jamais bon signe, même si 50 nuances / Saint-Valentin… marketing, toussa.

Je me demande ce que va donner le film sachant que si les scènes sont « respectées », il sera interdit aux moins de 18 ans. Comme je doute très fortement de cette interdiction synonyme d’un considérable manque à gagner financier, nous allons sans doute assister à une bluette comme seul Hollywood peut en proposer. A suivre donc.
 
Enfin voilà.
Si vous voulez prendre votre dose quotidienne de « chaleur », je vous conseille la newsletter TTSO qui propose quelquefois des extraits de littérature érotique qui ferait dresser les cheveux sur la tête des plus prudes. Rien de bien méchant, mais tout de même plus « piquant » que 50 nuances…
Écrit par
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